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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 10 avril 2018 jour de géométrie

Denis Vallier

      Qu’est-ce que c’est que cet esprit de géométrie, cette manie de tout mesurer, de comparer sans cesse pour vérifier si ceci est mieux ou moins bien que cela, plus performant, moins esthétique ? Ne pouvant nous passer d'établir des gradations et de construire des podiums, nous décernons des prix à tout propos : foire agricole, festival de cinéma, saison littéraire, concours de chansons, de poésie, de beauté... Après avoir mesuré, nous mettons dans des cases et nous inventons des mots pour cette activité : la classification, la catégorisation, la taxo ou taxinomie de ceci, de cela, la folksonomie ou potonomie et chacun de ces mots peut à son tour être classé par catégorie catégorielle. Il nous faut tout objectiver, mesurer, graduer, hiérarchiser, établir des distinctions pour distinguer le « Meilleur » chanteur, le « Meilleur » auteur ou le « Meilleur » imitateur de cochon. Les palmarès sont scrutés avec intérêt et peuvent rapporter gros. Même dans un domaine aussi subjectif que l'art, il nous faut recréer une hiérarchie qui pour le coup, sera avant tout marchande, établir des rapports de force, distinguer les forts des faibles, les beaux des moches. Nous sommes féroces.

Page du 10 avril 2018 jour de géométrie

      Depuis bien avant Protagoras, « l’homme est la mesure de toute chose ». Si dans ce genre d’occupation les scientifiques sont en première ligne, les religions ne sont pas en reste, obsédées à séparer le mangeable de l’immangeable, le kasher du harâm. Nous avons classé les éléments et tout ce qui nous entoure, tout ce qui bouge, tout ce qui vit en fonction de nous autres, les maîtres du monde et même d’au-delà… et nous sommes allés très loin car sans doute y avons-nous trouvé notre compte. Trop loin ? L’ordre et la rigueur ont manifestement leurs vertus mais peut-être aussi leurs limites. Par exemple, nous autres, homosapiens, sommes des vertébrés, très bien, mais quelle idée bizarre d’avoir identifié les invertébrés ?! Comme si on pouvait désigner des vivants par ce qu’ils ne sont pas…Depuis bien avant Protagoras, « l’homme est la mesure de toute chose ». Si dans ce genre occupation les scientifiques sont en première ligne, les religions ne sont pas en reste obsédées à séparer le pur de l’impur, le mangeable de l’immangeable, le kascher du harâm. Nous avons classé les éléments et tout ce qui nous entoure, tout ce qui bouge, tout ce qui vit en fonction de nous autres, les maîtres du monde et même d’au-delà… et nous sommes allés très loin car sans doute y avons-nous trouvé notre compte. Trop loin ? L’ordre et la rigueur ont manifestement leurs vertus mais peut-être aussi leurs limites. Par exemple, nous autres, homosapiens, sommes des vertébrés, très bien, mais quelle idée bizarre d’avoir identifié les invertébrés ?! Comme si on pouvait désigner des vivants par ce qu’ils ne sont pas

Page du 10 avril 2018 jour de géométrie

      L'homme ne voit que ce qu'il a appris à voir, mais, avec obstination et pas mal de mérites pour ses efforts, il cherche à donner du sens. Si rien n’a de sens où trouver la motivation ? Pas de motivation, pas d'action, donc pas de vie. Malgré les succès de la pensée magique qui ne sont pas tombés du ciel et contrairement aux apparences, nous sommes prédisposés à une pensée rationnelle basée sur l’observation et l’expérimentation, mais nous devons apprendre par nous-même comment utiliser cette fonction organique de notre cerveau. Pour ce faire, nous analysons des mesures et notamment leurs corrélations. Ces corrélations, faisant saliver le chien de Pavlov, apportent du sens mais aussi nous donnent un sens des choses comme on a celui de la vue et du toucher. Pour interpréter notre monde, nous sommes donc tributaires de notre histoire ou de notre éducation au sens large. Mais au-delà de cela, nous avons un besoin lié à notre conscience : nous avons l’illusion de disposer d’un libre arbitre, nous nous imaginons capables de prendre des décisions. La plupart des animaux agissent par instinct, nous, on veut décider de nous-même ce que nous avons à faire et pour cela nous devons évaluer la situation à tout moment de manière plus fouillée que le font les animaux en nous intéressant aux causes.

      Mais là, je m’avance un peu vite, il est prouvé par de multiples observations que dans certains domaines, les animaux ont des capacités cérébrales supérieures aux nôtres, c’est indéniable : sans appareil de mesure comment m’y prendrais-je pour construire une simple toile d’araignée créée sans difficulté apparente par la petite tête de cette bestiole ? Notre « liberté » aux uns et aux autres demeure de toute façon encadrée par nos capacités. Tout est donc relatif : quand le train s’arrête en rase campagne, on voit bien que la campagne ne bougeait pas alors que jusque-là, on la voyait défiler par la fenêtre et l’homme, qui « est la mesure de toutes choses » selon Protagoras, ne serait pas ce qu'il est sans cette faculté de mesurer. Ce que je comprends de cette phrase, c’est que par comparaison, nous faisons référence à l'homme dans toute mesure, car nous gardons notre perception d'identité intellectuelle en mémoire consciente ou inconsciente. On naît tous les mètres du même monde et l’homme est la masure de toute chose comme serait capable d’écrire mon correcteur d’orthographe. Nous sommes des êtres pensants, avec un savoir, des sentiments etc.., et nous comparons toute chose par rapport à nos valeurs et critères et donc une référence morale. Et en plus, pour corser l’affaire, l’homme fabrique du sens qu'il donne aux choses et à la vie, et, par jeu ou par besoin, crée des œuvres d'art pour l’exprimer ! Le partage n’est pas évident, comme je l’observe quotidiennement.

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