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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 25 avril 2018 jour de la science en balance

Denis Vallier

      Je me suis renseigné un minimum, j’ai lu en travers quelques réflexions de philosophes, jeté un œil sur quelques ouvrages de spécialistes du cerveau et, malgré la superficialité de ces quelques recherches, je pense inutile de demander confirmation à la science de mes propos aux sujet de la conscience étalés sur ces pages. Je m’en suis éloigné en faisant l’impasse sans culpabiliser. La science reconnait qu’elle réduit des sujets à des objets en tentant de les mesurer à partir des seuls étalons spatiaux ou temporels qu'elle a su se donner. Pour avancer, elle se déséquilibre malgré sa rigueur, elle s'illusionne et patauge autant que le poète dans un marécage sans fin. Et au fur et à mesure qu’elle progresse, plus elle éclaire le paysage dans la nuit, plus l’inconnu paraît immense.

      Nous sommes tentés de faire entièrement confiance à la Science par rapport aux autres approches du réel, elle est rassurante mais on ne peut s’en contenter. Si j’ai la plus haute estime pour la rigueur de l’approche scientifique basée sur des spéculations à mettre en balance et à vérifier, je la trouve également partielle. Du fait de son caractère provisoirement dogmatique à partir du moment où elle s’avance dans une théorie, cette conception du monde se montre temporairement « partiale » tant qu’elle n’a pas les preuves irréfutables de ce qu’elle a avancé. Certaines théories « scientifiques » erronées ont eu une longue et belle vie. Si grâce à cette approche notre lot de connaissances scientifiques, par définitions incontestables, n’a fait que s’amplifier, il lui est aussi arrivé malgré tout de se tromper et de nous engager dans des impasses par manque de recul ou de moyens de vérification comme l’Histoire des Sciences et l’Épistémologie le démontrent aisément. Vérité en deçà d’une époque, erreur au-delà, nul n’a la Science infuse.

Page du 25 avril 2018 jour de la science en balance

      La connaissance n’émerge pas des données mais du système qui assimile ces données. Prenons le cas de l’informatique qui a envahi « outrageusement » notre quotidien. Le pionnier de l’informatique fut Allan Turing, un autiste Asperger ayant accompli l’exploit hors normes de casser le système de cryptage allemand Enigma ce qui fut déterminant dans la victoire des alliés contre le Reich. Il aurait dû être traité en héros national et reconnu comme un génie de l’humanité, mais il était « anormal » : son autisme était perceptible, ses idées et son mode de vie excentriques et si l’on additionne son homosexualité dans une Angleterre que n’encombrent ni l’hypocrisie, ni le cynisme, on comprend pourquoi et comment le rejet et le harcèlement de la société britannique le poussèrent à la castration chimique puis au suicide en croquant une pomme au cyanure. Toutes les bases de l’informatique actuelles sont fondées sur les schémas de pensée de cet autiste incompris et rejeté. Le monde a changé à cause d’un être différent, un « anormal » par rapport à la norme bienpensante. Le résultat est superbement efficace puisque de nos jours l’ordinateur bat à plate couture nos meilleurs joueurs d’échec ou même de go, ce jeu qui nécessite une intuition prodigieuse de maquignon… Le défi actuel de nos ingénieurs est donc de créer un système d’une complexité équivalente à celle des cerveaux d’un autiste Asperger... Dans peu de temps, l’Intelligence artificielle prendra le relais de nos ingénieurs et poursuivra son développement sans nous. Cela devient franchement inquiétant car un coup d’œil pour un maquignon est un temps considérable pour l’ordinateur. En matière d’informatique, la Science ne s’est-elle pas fourvoyée dès le départ ? N’y avait-il pas une autre approche ? Est-ce un bien ? Est-ce un mal ? S’il faut en croire Imitation Game, un des films sur sa vie, Turing poussait la logique dans ses extrêmes : quand s’est posée la question de sacrifier quelques vies pour en sauver beaucoup, il n’a pas hésité une fraction de seconde...

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