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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 29 avril 2018 jour des robots

Denis Vallier

      Quand je tente de réfléchir en redescendant de mon petit nuage, je me demande bien qu'est-ce qui, autour de moi, n'est pas ancré dans la réalité ? C’est un effort louable, n’est-ce pas ? Il faut avouer que par moments j’en serais presque à confondre le regretté Stephen Hawking avec Aïvanhov et sa Fraternité Blanche… Ce n'est pas parce que je ne comprends pas les abstractions obtenues logiquement à partir des observations, que celles-ci ne représenteraient pas la réalité. E = mc² ou v = v’/sqtr(1-v²/c²) c'est de l'abstrait, et pourtant c'est grâce à la première formule que je profite de l'énergie nucléaire et grâce à la seconde que je me fais assister par un GPS de précision. Si j’ai le droit d'être inculte et inapte au raisonnement logique, de ne rien comprendre aux sciences, il vaudrait mieux toutefois que j’évite d'en parler à tort et à travers. Il devient urgent pour mon cas de lutter contre l’IIR : l’Interruption Involontaire de Réflexion...

      Mais comme les robots font vraiment semblants d'être intelligents, les êtres un peu naïfs  finissent par croire que ces machines le sont devenues et s’en inquiètent quelque fois. Demandez donc ce qu'ils en pensent aux concepteurs des superordinateurs qui moulinent sur des tâches nécessitant des puissances de calcul phénoménales. Ils s'arrachent les ongles et les cheveux, parce qu'ils savent pertinemment que leurs machines sont, en elles-mêmes, aussi dénuées d'intelligence qu'une boîte de conserve usagée. Ce n’est franchement pas malin une boîte de conserve, mais nous pouvons être pire que nos propres inventions : l'ouvre-boîte n’a été inventé que 40 ans après la boite de conserve. On a eu un sacré boulot à les ouvrir car elles étaient bien plus solides que maintenant ; on en a poussé des jurons en attendant, mais quel gâchis...

Page du 29 avril 2018 jour des robots

      Tous ces robots androïdes ne peuvent inspirer aucune admiration, jusqu'à présent ils ne contribuent en rien au bonheur de l’humanité. Par contre ils portent en eux les germes du totalitarisme le plus effrayant tel que Metropolis, le vieux film de Fritz Lang, peut en fournir une idée depuis 90 ans. Cette extraordinaire dépense d'intelligence et d'énergie pour animer des androïdes grotesques, moins habiles qu’un babouin et nettement moins poétiques qu'un automate de Vaucanson est tout à fait pathétique. A moins de vouloir en faire des poupées gonflables réalistes, quelle idée saugrenue que de leur donner une apparence humaine. Si ce n’est par soucis artistique, que nos ingénieurs se consacrent à robotiser les actions répétitives et éprouvantes comme l'on peut le voir dans ces usines automobiles entièrement automatisées où quelques humains casqués de plastique errent l’âme en peine. Qu’ils n'essaient surtout pas de singer la nature en se prenant pour Dieu, un peu d’imagination que diable !

Il y a quelques temps, je faisais une analogie sportive pour illustrer ce qui différenciait l’humain de l’ordinateur : je suis en compagnie d’un automate lanceur de balles et nous nous entraînons au basket, ce sport si éprouvant pour les nerfs des spectateurs, le but de l’exercice du jour est de marquer le plus de paniers en 30 secondes. Pour ce faire, je prends un ballon, je vise, lance et rate mon coup ou par miracle le rentre, je prends le suivant, rectifie le tir, rate encore ou bien réussis, je prends le troisième, tente de bénéficier de mes expériences antérieures et continue ainsi de suite. La tactique de Deep Blue ou de n’importe que autre superordinateur sera de se positionner n’importe où et de jeter 250 millions de balles presque au hasard. Pour cet exercice, les probabilités de gagner ne sont pas en ma faveur.La pseudo intelligence de l'ordinateur actuel n'est en fait qu'une mémoire immense et des moyens de recherche dans cette mémoire imaginés par des êtres intelligents, nos ingénieurs en l’occurrence. En fait on a affaire à des machines qui résolvent des problèmes avec leur mémoire et des algorithmes alors que nous, nous devons faire appel à des raisonnements, de l'intelligence, pour compenser nos mémoires limitées. Et encore, cela ne concerne que les problèmes où l'ordinateur est plus adapté que l'homme.

      Mais j’ai beau dire, en rire et gonfler le torse, si l’on prolonge les courbes actuelles, viendra le temps où les intelligences artificielles nous considérerons tout comme nous étudions les squelettes fossiles trouvés dans les plaines africaines : elles nous prendrons pour des singes debout et nus vivant dans la poussière, au langage et aux outils sommaires, fin prêts pour l’extinction. Le risque du pouvoir moderne, c'est l'algorithme et notre fin viendra quand des algorithmes inventeront des algorithmes pour des besoins qui nous échapperont. Qui sait encore comment fonctionne Google ou Facebook ? Mêmes leurs concepteurs se posent la question. Déjà, nous ne maîtrisons plus ces systèmes et nous n’en sommes qu’au début. La société de contrôle propre aux dystopies à la Big Brother est déjà largement dépassée, nous sommes désormais dans une société de la trace, pistés comme du gibier. Nos golems nous survivront. « Je suis devenu la mort et le destructeur des mondes » regrettait Oppenheimer, le père désabusé de la bombe atomique. Que dirait-il de nos milliers de docteurs Folamour à l’œuvre sur la planète ?

Page du 29 avril 2018 jour des robots
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