Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 12 mai 2018 jour à l'Opéra

Denis Vallier

      L'homme étant parfois moins idiot qu'il n'y paraît, voyant qu'un seul langage tenait nos sens insatisfaits et nos intelligences frustrées, en fît une multitude pour le rendre illimité. Merci Babel, tu es une béné-diction !  L'Opéra est un langage même s’il ne parle pas à tout le monde, mais quand on lui a prêté l’oreille c’est une étonnante source de plaisir et d’émotions. Les chants liturgiques en sont un autre, tout comme la poésie est un langage différent de la philosophie, etc. Les modes d’expression sont multiples et à chaque fois la forme choisie du langage pour exprimer le symbole doit s'en approcher au plus précis suivant le sens qu'on veut bien lui faire prendre et, si le talent est au rendez-vous, ne pourrait trouver son expression mieux que sous cette forme particulière. Les limites du langage en général se trouvent matérialisées par les bornes propres à chaque type de langage particulier.

      Finalement, l'imagination de l'homme en matière de langage ne tient peut-être pas dans sa faculté de créer des nouveaux mots, mais de donner une autre signification à ceux déjà existants ! Nous ne cessons de le faire, les mots deviennent millefeuilles et accumulent des sens différents et c'est comme ça pour tout: l'astronomie, le bricolage, l'architecture etc... Mais où est donc la source du langage qui met en ébullition nos aires de Broca ? Certains parlent même d'une langue privée, que l'on se crée soi-même, ce qui est quand même un sacré paradoxe pour le langage ... Schizos de tous les pays, unissez-vous ! Paranos aussi d’ailleurs, ça vous ferait grand bien !

      La machine, actuellement, en est incapable : si on changeait les 0 en 1 et les 1 en 0 d’un programme en cours d’exécution, le programme planterait puisqu’il serait obligé de se redéfinir lui-même. Pendant ce temps, le cerveau humain s’accommode allègrement, rien ne le dérange, il peut passer d’un langage à l’autre dans l’instant. D’ailleurs, c'est uniquement parce que l'homme peut créer de nouveau langage que l'informatique peut progresser : sans cette faculté, pas d’ordinateur. C’est un constat banal, mais l’évolution de l’informatique n’en est qu’à ses balbutiements : l’homme et la machine sont au tout début de leur histoire commune et nous avons le privilège d’être les témoins du commencement de cette idylle… Cette histoire sera un temps intriquée, puis parallèle et comme trop souvent, finira par un divorce. Mais une chose est sûre, je ne verrai pas l’invraisemblable de mon vivant : le premier opéra conçu par autre que nous. Faire du bruit, les machines savent faire, il suffit d’écouter certaines stations radios pour le vérifier ; par contre, faire de la musique et qui plus est, un opéra, nécessite autre chose qu’un savoir-faire. Malgré tout, je ne présage pas de l’avenir, j’ignore quel sera l’opéra du futur, à chacun d’en imaginer le thème.

Opéra bidon

Opéra bidon

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commentaires