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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 9 mai 2018 jour foudroyé

Denis Vallier

9 mai foudroyant

500, 600,
Le kilomètre 700 est avalé.
Je conduis en mode zombi,
 le goudron, dévoré
encore, encore et encore
seules de temps à autres, quelques bornes kilométriques,
me font prendre conscience de mes distractions
du temps passé à me perdre, encore et encore,
dans des idées passagères, volatiles, futiles autant qu’ inutiles
s’étalant sans fin sur l’interminable ruban goudronné,
les unes poussant les autres sans précaution
à la première occasion venue, à la moindre hésitation de trajet,
s’inclinant aux envies élémentaires comme le besoin de s’arrêter pour pisser,
ou à celle plus subtile d’un carré de chocolat.

Bref, des prémices de pensées sans queue ni tête, volatilisées dans l’instant.

- j'ai mangé hier, oui, mais quoi ?
- faudrait pas tarder à trouver une station.
- la pendaison, c'est quand même plus sûr.
- ce s'rait bien de prendre moins d’apéros.
- j’aurais dû lui dire ceci quand elle m’a dit cela
- faut que j'appelle mon père, ça fait un bail.

Cette idée m'a secoué.
Warning – Tic-tac Tic-tac
Vite, sur le bas-côté, Tic-tac
Tic-tac Tic-tac
et pleurer. Enfin...

Route du cœur

Route du cœur

      Pour sûr, j’ai dû plomber l’ambiance… Je suis triste, mais comme  d’habitude, ça finira par passer, tout passe. Chaque année à la même époque, ça me reprend… Nous avons tous des dates guillotines chargées d’émotions qui découpent le fil du temps en périodes régulières, mais ce n’est pas une raison suffisante pour étaler sa viande sanguinolente et embarrasser le voisinage. Heureusement, on finit toujours par reprendre la route du cœur… mais c’est plutôt elle qui vous reprend.

      « Dans un voyage, le plus long est d'arriver à la porte. » nous répète depuis plus de 2000 ans Varron, l’écrivain. Même quand nous allons au bout du monde pour en revenir, nous voyageons autour de nous-même, nous résonnons circulairement, nous récursivons frénétiquement. Pourquoi faire ? S’ancrer dans notre position ? Nous creuser une niche dans l’infini ? Nous rassurer ? L'Ouroboros, symbole de l’infini des cycles, n’est pas qu’une vue de l’esprit, il existe bel et bien dans la nature : la zonure est en effet un petit lézard caparaçonné vivant en Afrique du Sud, qui, lorsqu'il se sent en danger, se mord la queue dans l'unique but de protéger son point faible, son ventre mou. Pendant ce temps, d’autres lézards n’hésitent pas à sacrifier la leur en cas d’urgence… moi, j’hésite encore sur la tactique à adopter. Si ce n’est pas rire dans la tristesse, au moins sourire…

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