Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 13 août 2018 jour à contre courant

Denis Vallier

      Si l’on vit sa vie, on meurt à la fin… nul n’y échappe. C’est banal n’est-ce pas ? Cela va de soi, tout le monde vous le dira. C’est valable pour toutes les formes de vie ou presque… Ce sont les règles du jeu. Maintenant, l'accepter ou pas est un tout autre discours : à y regarder de plus près, qu’il y a-t-il de normal dans le fait de mourir ? Quand je participe à un jeu, j’en accepte les règles, mais pour celui-là, d’une part, je n’avais rien demandé et d’autre part, personne ne m’a prévenu. C’est de la triche comme disent les gamins et je m’estime en droit de protester. Si elles sont puériles, ces réflexions ne sont pas pour autant dépourvues de fondement. Si l'on pousse des évidences comme celle d’une indispensable mort à la fin d’une vie, pourquoi ne pas dire que la souffrance est normale, pour la misère idem, l'injustice itou, etc… non et re-non ! Faut-il filer doux, zen, en se laissant aller souplement dans le courant comme l’homme près de la nature ou le sage hindou ou bien faut-il y résister mordicus ? Si l'homme tel que nous le concevons dans nos contrées se révolte et s'autorise à juger la nature des choses en général et la sienne en particulier, c'est justement parce qu'il s'autorise, à l’occasion, une opinion contre la nature des choses. Et qui est en mesure de lui rétorquer qu’il n’y a rien à faire, que l’on n’y peut rien ?...

      L’homme et la nature, c’est une longue histoire d’amour et de rejets… Nous nous sommes progressivement dénaturés au point d’oublier nos origines. Nous avons eu le plus grand mal à accepter que nous soyons des mammifères régis par la sélection naturelle. Maintenant c’est fait, on l’admet mais certains s’y refusent encore : Galilée n’a pas été encore pleinement réhabilité par le Vatican et pour certains, la Terre est toujours au centre de l’univers. Il y a trois siècles, on croyait que le monde avait 6000 ans et qu’il était normal de mourir à 45 ans, que c’était dans l’ordre des choses. Aujourd'hui cela ne l'est plus. Dire que les choses sont normales ne serait-ce pas une défaite de la raison et une trahison envers cette conscience qui nous permet de dépasser l'ordre naturel des choses ? C'est en quelque sorte nier toute transcendance au profit de l’ordre naturel. Ne soyons pas hypocrites, il y a pas mal d’avantages à mettre la nature à distance ; le progrès a bien sûr ses inconvénients mais aussi ses vertus : espérer vivre plus longtemps dans un plus grand confort n’est pas négligeable, il faut une personnalité hors norme pour s’y opposer. Nous régressons dans certains domaines mais nous progressons à une vitesse accélérée pour tout ce qui est technologique, le mouvement paraît inexorable, mais malheureusement, il n’y a pas de pilote dans l’avion, seuls des opportunistes sont aux commandes et ils n’ont que leur intérêt immédiat pour objectif. D’évidence, ce serait notre intérêt commun que de maintenir un équilibre dans nos relations avec notre milieu mais ce n’est pas l’avis de ces profiteurs, ces saccageurs de planète. Après eux le déluge !

      La nature est neutre et souverainement indifférente mais elle nous invite toutefois, depuis toujours, à suivre « l’ordre des choses ». L’homme s’est de tout temps rebellé contre cet « ordre des choses, cette norme imposée. Il n'y a rien de normal pour un humain conscient et lucide, sinon le fait de contester tout, y compris ce que la nature semble lui imposer. Cela nous caractérise, nous nous sommes faits ainsi au cours d’innombrables millénaires. Alors, effectivement, au nom de quoi faudrait-il nous résigner, même si c’est à l'inéluctable ? Une parenthèse de conscience de cent ans, c’est toujours mieux qu'une de quarante ans… De toute façon, nous en voudrons toujours plus et mieux… mais le problème sera toujours la parenthèse qui se ferme. Qui vivra mourra, du moins pendant encore un bon bout de temps... mais on ne lâchera jamais l’affaire !

Contre toute pesanteur

Contre toute pesanteur

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commentaires