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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 15 août 2018 jour des maths

Denis Vallier
Suite de Fibonacci...

Suite de Fibonacci...

      Les chiffres sont là, ils s’imposent dans la nature : à tout bout de champs fleuri, de prairie ondulante, de forêt touffue, on retrouve la suite de Fibonacci associée au Nombre d’or. Si Fibonacci voulait simplement s’amuser à compter des lapins, d’autres vont plus loin en affirmant que tout est mathématique y compris notre cerveau qui, comme les mathématiques, crée des mondes virtuels, qui sont des systèmes de pensée, avec des axiomes, qui sont des énoncés de ces systèmes. Les ingénieurs informaticiens tentant d’insuffler quelque intelligence artificielle à leurs puces savantes en sont convaincus mais si on appliquait strictement ce rapprochement mathématique à notre manière de penser, des informations subjectiveraient progressivement notre pensée jusqu'à sa limite axiomatique au cours de notre vie comme se remplissent les réservoirs et le monde devrait alors être le même pour chaque nouveau-né : quasiment vide. L'apprentissage  devrait redémarrer à chaque fois au début, comme si l'humanité revenait à chaque naissance à son point de départ. Or il n'en est rien. Par exemple, l'enfant d'aujourd'hui apprend à compter, du moins il me semble, sans repasser par les étapes qui permirent à l'humanité d'arriver aux premiers calculs. Est-ce notre « pédagogie » qui nous permet de ne pas tout reprendre depuis le début, ou bien à chaque descendance transmettons-nous de nouveaux axiomes de pensée que nous aurions développés plus ou moins collectivement pendant notre existence et qui s’imprègneraient dans une éventuelle mémoire archaïque de notre descendance ? Dans ce dernier cas, la structure axiomatique de la pensée dépasserait alors à chaque fois la précédente en y rajoutant des couches comme sont faits les oignons.

      C'est parce que les hommes se savent mortels qu'ils transmettent leur culture et leurs techniques à la génération suivante, chaque génération apportant ses découvertes, donc élargissant son regard et le champ fleuri de la pensée. Nous avons appris bien des choses depuis notre naissance, nous en apprenons encore tous les jours, mais ce n'est pas pour autant que je ne suis rien de plus qu'un perroquet lorsque j’ouvre le bec ou prends la plume. Une opinion personnelle se bâtit à partir de ces matériaux accumulés, soit spontanément, soit après un raisonnement ou un essai d'argumentaire. En fait, je me garde de généraliser mes opinions car il y a malgré tout un peu de vrai dans tout cela (!).

      Combien de fois me suis-je moi-même surpris à ne faire que répéter ce que j'avais simplement entendu la veille à la télé ou le matin à la radio, en le prenant à mon compte et en me le reprochant après coup ? Comme si les chiens écrasés, les ponts qui s’écroulent, les faits divers et la neige en été qui nous pourrissent la vie avaient quelque importance. Mais là, nous sommes sur un autre plan qui est celui de la simple transmission de l'information avec plus ou moins d'esprit critique. Jusqu'à il y a peu, cette transmission était primordiale dans nos échanges et il semble que, en tous cas en Occident, où nous transmettons plus de technique que de culture, elle soit devenue secondaire tant nous construisons si bien les murs et si mal les ponts... L'Occident n'est qu'une toute petite fraction de l'humanité contemporaine et nous ne savons pas ce qu'il adviendra dans le futur de cette technologie devenue omniprésente, comment elle sera transformée, utilisée, probablement recyclée mais tout cela au profit et au dépens de qui ? Je crains (frileusement ?) que notre humanité en paye les frais.

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