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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 18 août 2018 jour de doute

Denis Vallier

      Dès que l’on se pose un instant et que l’on réfléchit sur notre existence ou sur n’importe quel ouvrage qui ressemble à de la philosophie que l’on vient de lire, le doute s’instille sournoisement dans nos pensées… La question qui s’impose d’elle-même alors est de savoir si la méditation, la culture, la philosophie et son étude des grands auteurs, des vieux grimoires, rendent nécessairement sceptique ? Apparemment oui, la réflexion nous y mène mais la lecture le fait encore plus rapidement car nous avons tendance à attendre des réponses des autres au lieu de les rechercher par nous-même. La réflexion philosophique même débutante sera toujours l'exercice raisonné de la Raison. D’une manière générale, à lire et étudier les grands auteurs classiques et modernes, on finit par douter de tout, de l'existence de Dieu, de l'âme indépendante du corps, d'une vie après la mort, du sens de la présence de l'homme dans l'univers, du sens de la souffrance et du mal, bref, le penseur rigoureux, utilisant sa seule Raison raisonnante, aboutit logiquement à l'idée de l'absurdité totale de l'existence même ; pas seulement la sienne ou celle de l'humanité, celle du monde en entier qui nous entoure. Les champs du doute sont infinis et impossibles à épuiser. Bien sûr on va me répliquer : « mais la science, le Big bang, l'Évolution des espèces, la génétique, etc...ça c’est du lourd ! » Non ! La science « décrit » assez bien le monde des phénomènes, la « nature », mais quid du sens ? À première vue, il n’est pas donné, mais reste à créer au démiurge de salon…

      Nos philosophes (lesquels sont d'ailleurs le plus souvent professeurs dans l'enseignement public ayant leur traitement et leur retraite assurés par la société), sont à la remorque des sciences, ils traitent d'anthropologie, de sociologie, de politique et d’autres disciplines estimables et utiles mais qui ne répondent pas aux questions fondamentales que, dès l’enfance, tout être humain conscient se pose à propos de son existence et de celle du monde. Les écologistes, grâce leur en soit rendue, clament haut et fort que l'environnement est menacé, que l'espèce humaine elle-même risque de graves ennuis, etc... Mais qui me dira pourquoi il faut à tout prix perpétuer l'espèce humaine, pourquoi de surcroit préserver les autres espèces animales et végétales, la couche d'ozone, etc… Bref pourquoi faut-il sauver la Terre, la Vie qui s'y est développée, et l'espèce humaine dotée d'une conscience, et de capacités de connaissance ? À quoi bon tout ça ? Finalement, tout se ramène à la bonne vieille question nihiliste : pourquoi l'Être plutôt que le Néant ? Au bon vieux « pourquoi quelque chose plutôt que rien » ou même autre chose ? Nous tournons sans fin autour du pourquoi du parce qui nous échappera sans fin. La science avance ses réponses pas à pas, allant chercher les explications dans quelques principes fondateurs et une pincée de lois fondamentales. Mais toujours et encore une explication d’un phénomène physique mobilise toujours d’autres phénomènes physiques ce qui nous entraîne dans une régression à l’infini comme les gamins avec leur « Oui… mais pourquoi… ? ». Au final, l’effort parait vain et tout ce que je fais là de plus en plus absurde…

Atlas vu par Ronald Searle.

Atlas vu par Ronald Searle.

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