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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 19 août 2018 jour des feux de camps

Denis Vallier

      La lucidité est manifestement la pire des pommes qu’on nous ait offerte : elle est empoisonnée par l’absurdité. L’absurdité, l’absurdité… tout nous y ramène sans cesse, les pommes, la réflexion autant que le quotidien… Elle manifeste autant notre désorientation que notre déception dans notre vaine recherche du sens. Les divers courants de la raison philosophique qui ne supposent pas a priori l'existence d'un sens, s’enfonce en tournoyant dans l’entonnoir de l'absurde et se le mettent sur la tête. La philosophie ne peut que constater sa propre absurdité et vexée, en tartine tout ce qui existe et même le reste. Mais, dite-moi, les contre-courants ont bien un sens eux, et opposé n’est-ce pas ?… A contrario, en raisonnant par l'absurde, ne pourrait-on pas en conclure que le monde a un sens ? Où se cacherait-il alors ?
      Pour moi le sens, s'il y en a, est forcément imposé et restrictif comme dans les giratoires. Alors que le non-sens en tant que « pas de sens du tout » nous offre l'infini des possibles. Je vote allègrement pour cet infini fantastique. Et si nous changions de cap… et si nous prenions la philosophie non pas comme une machine à fabriquer de l’absurdité mais comme un exercice à être le plus heureux possible, tous ensembles, dans le maximum de lucidité… « Mariage impossible » me diriez-vous… Pas forcément, car ce maximum ne peut être qu’à notre mesure. Cet exercice-là, que je tente ici de pratiquer, c'est précisément ça un sens même si je le réfute, même si dans sa réalisation concrète, il y a effectivement une infinité de possibles.
      Ce serait la sagesse idéale, mais dans les faits, en retrouvant durement la terre ferme, je doute que la lucidité soit compatible avec un quelconque sentiment de confort ou de plaisir, ou alors il nous faudrait ne jamais lire ni journaux ni livre témoignage, ne pas regarder les infos télévisées, ne pas écouter la radio et fermer définitivement son portable et sa tablette d’un coup de marteau superbe et généreux. Le retour aux jeux de société et aux millénaires soirées autour d’un feu de camp s’imposerait alors. Mais qui est prêt à sacrifier toute cette technologie ? Pour avoir une petite chance de garder le cap, encore faudrait-il au départ que, justement, l'homme connût sa mesure , à supposer qu'il en ait une. Actuellement cette question paraît de plus en plus épineuse… en élargissant, qui est capable de placer l’indispensable curseur entre l'infrahumain, les grands singe et le surhumain futur qui sortira des éprouvettes et dont personne ne peut dire ce qu'il sera ?

Quiet moment...Yeaaa...

Quiet moment...Yeaaa...

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