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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 23 août 2018 jour de Métro-Boulot-Dodo

Denis Vallier
Dur... Dur...

Dur... Dur...

      On passe une première partie de sa vie à ignorer si la vie a un sens ou pas et à s’en soucier comme de sa première couche-culotte ; puis ensuite, on se dit qu’il doit bien y en avoir un, alors on cherche, on cherche et  puis on finit par renoncer et on fait semblant d’avoir trouvé pour ne pas avoir l’air trop con… Effectivement, comment trouver un sens à l’absurdité de nos vies ?... Par définition, notre vie n'a pas plus de sens que celle d’un cloporte, elle tourne en rond et patauge dans l’absurde… Soit ! Admettons même si ce n’est pas facile! Mais en revanche, rien ne nous oblige à appartenir à une cause... Et ce ne sont pas les causes qui manquent ! Tout dans la nature paraît commencer par une cause et finir par une expérience, mais en quoi serions-nous tentés d'apporter une pierre à un édifice qui va contribuer à finalement nous détruire ? Comme disent les ados lucides (si, si… ça existe en grand nombre, j’en ai rencontrés), en quoi devrions-nous remercier nos mères de nous avoir mis au monde pour disparaître ensuite dans l'oubli absolu ? Ne serait-ce pas plutôt à elles de nous envoyer un message de félicitation pour notre anniversaire et nous remercier de les avoir fait mères ? Dans l’incompréhension et la désorientation, nous pouvons aussi être tentés de rester spectateurs, spectateurs avertis en marge ou rangé des voitures, sans prendre cause ou partie, résolument certain de l'illusion de la vie, et de l'escroquerie de l'évolution qui nous a fait homme. Dans ce théâtre dans le théâtre cher à Shakespeare qu’est le monde nous sommes nombreux à éprouver ce sentiment d’être plus spectateurs qu’acteurs de nos vies.

      Malgré le grand âge venu, l’« à quoi bon ? » des ados demeure omniprésent, insidieux, tenace, inaltérable. Alors que cette question est peut-être la plus légitime d’entre toutes, l'homme, héros à la petite semaine, y fait face jour après jour : il se lèvera tôt tous les matins pour partir au boulot ou pour toute autre activité. Il le fait si tôt et il se couche si tard que parfois il finit par se croiser dans l’escalier. C’est à la fois risible, ridicule autant qu’admirable… Ce n'est pas qu'une simple habitude que l’on pourrait légitimement considérer absurde, mais une attitude digne et respectable, un effort farouche proche de la foi, une volonté tendue courageusement vers l'infini, une puissance encore plus grande que tous les dogmes et tous les idéaux. Vous devez vous dire que j’ironise encore cruellement, mais pas du tout, je suis sincère… Quelle énergie nous met donc en mouvement ? C’est à la fois étonnant et incompréhensible. Il doit bien y avoir une explication…

      C’est qu’à partir du moment où l’on est au théâtre et que l’on assiste au spectacle, qu’on le veuille ou non,  cela n’est jamais gratuit… « Assister », le mot dit bien ce qu’il veut dire : être un assistant, c’est aider en participant, n’est-ce pas ? Comme dans tout spectacle, le spectateur qui s’imagine passif est absolument nécessaire à la réussite du spectacle même si c’est au théâtre de la vie, si celui-ci est social sur la grande scène du vivre ensemble Nous en sommes partie intégrante malgré tous nos gestes de recul, nos dénégations et toutes nos rebellions car sans nous, rien ne se produirait.

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