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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 28 août 2018 jour réactif

Denis Vallier

      Ce que nous faisons est parfois en adéquation avec le contexte, parfois non. Qui d’entre nous ne s’est jamais reproché de faire n’importe quoi en se traitant d’imbécile ? Notre comportement peut paraître irrationnel par rapport à une tendance générale, voire par rapport à une ligne de conduite que l'on se fixe à soi-même, dans la mesure où il est tributaire de notre réactivité. Cela implique un temps de réaction adéquat : avec intelligence ou non, je fais ici et maintenant telle chose car elle me paraît nécessaire à cet instant précis. A ce propos, Jean Piaget définissait joliment l’intelligence en affirmant que «l’intelligence, ce n’est pas ce que l’on sait, mais ce qu’on fait quand on ne sait pas. ». Ainsi, la volatilité du contexte peut conduire à des comportements contradictoires quand on passe à une autre échelle de temps.

      Et si je prends du recul par rapport à ces quelques réflexions, me voilà revenu dans une conception relativiste, avec en prime un principe d'incertitude, étant donné que notre conception ne pourra jamais être complète (Faites gaffe, revoilà Gödel qui va nous prendre la tête !). Ce qui fait que devant tant d’incertitude, si (et seulement si) un jour je décide quoi que ce soit, ce sera en parfaite connaissance de cause. Avec l’incomplétude ambiante ce n’est donc pas demain la veille et d’ici-là j’aurai le temps de mourir d’inanition… L'important finalement c'est de savoir sur quelle base-temps on situe nos raisonnements, ce « temps de cohérence raisonnable » que j'évoquais hier, ce temps durant lequel la pensée est cohérente avec l'action et réciproquement.

      Notre conception du temps est manifestement insuffisante pour une pleine compréhension du monde et de nous-même mais ce n’est pas une raison pour l’exclure. La propension des philosophes est de s'abstraire du temps afin de raisonner dans l'absolu, imaginant par exemple, un idéal de comportement tout à fait illusoire car le temps ignore ce qui veut se faire sans lui... J'accuserai là non pas l’aveuglement des philosophes, ce serait trop simple et prétentieux, mais plus généralement un rapport au langage essentiellement pédant quand il suppose un sujet prétendant se situer au-dessus du monde (soit avec rien au-dessus de lui) plutôt qu'à l'intérieur. C’est là le plus grand tort de notre manière de penser occidentale : s’imaginer que l’on peut comprendre le monde depuis les hautes sphères uniquement en analysant des images-satellites. Nous ferions bien de nous rapprocher de la pensée orientale et particulièrement indienne qui tend à observer et à comprendre le monde en s’y fondant et même en y disparaissant et que ne surprennent pas, par exemple, les hypothèses de la physique quantique dont ils avaient eu une intuition équivalente depuis de nombreux siècles. Il y aurait beaucoup à apprendre en s’en inspirant ou du moins en commençant par ne plus mépriser et ignorer superbement tout un pan de la pensée de notre planète. Il faudra bien que notre prétention réalise un jour qu’elle n’a pas le monopole de l’intelligence et a fortiori celui de la sagesse…

Page du 28 août 2018 jour réactif
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