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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 29 septembre 2018 jour du constat absurde

Denis Vallier
Illustration par Ronald On.

Illustration par Ronald On.

Constat absurde

Que sont tes pleurs sur le bitume ? Où vont ces pas, toutes ces vies
Qui disparaissent dans la brume et t'abandonnent à l'ennui ?
Le savais-tu, au fond du lit, ce jour d'école où tu gardas
Ton corps d'enfant au creux du nid, tremblant de fièvre et de frimas ?

Le savais-tu ce Grand Pays où l'horizon est sans saveur
Où l’ailleurs est un autre ici et le rosier, un crève-cœur ?
Tous les géants sont de chimère et tous les rêves, de noire suie.
Notre avenir est de poussière, un corbillard que l’on poursuit.

Même en marchant à reculons, le vide est là qui nous attend.
Même sans compter les saisons, le seul vainqueur reste le temps.
Vaut-il mieux accepter le sort, sans jamais vraiment exister
Ou bien attendre une autre aurore et voir nos veines se vider ?

À deux, peut-être fait-il bon s'abandonner au ventre mort
D'un vieux nuage vagabond, vidé de tout, voguant off-shore
Faisant pleuvoir nos corps trop tendres ayant trop bu notre eau de vie,
Comme on verse l’urne de cendres sur les tombeaux inassouvis.

 

      Rien ne sait être qui ne soit absurde. Le néant accueille et se referme sur la vérité qui s’est formée grâce à lui. Quand on refermera la boite, je n’aurai ni plus ni moins d’état d’âme que le Pape, Gengis Kan ou Einstein… Est-ce que eux, vous et moi aurons été intelligents pour rien ? Dès que je disparaîtrai, plus rien n’existera, mais le pire, c’est qu’il n’y aura plus personne pour me le faire remarquer. La mort est négative: le vivant se heurte à sa stérile et mortelle antithèse, et il se protège joyeusement contre la non-existence. La mort, le néant, est le pur, l'absolu empêchement de se réaliser. Le néant, c’est malgré tout ce qu’on peut en dire, nul ! « On peut considérer notre vie comme un épisode qui trouble inutilement la béatitude et le repos du néant » et ça c’est une sommité comme Schopenhauer qui le disait. Ça rabaisserait le moral de n’importe quel optimiste compulsif et cependant, que la joie vive ! Et que la vie est belle !…

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