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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 17 janvier 2018 jour d'Italie

Denis Vallier
Page du 17 janvier 2018 jour d'Italie

      La sinistrose vous guette ? Vous vous sentez morose, déprimé, en proie au doute… rien ne vaut une semaine en Italie pour vous requinquer. Mais attention, pas n’importe quelle Italie ! Celle du Sud, la vraie, celle des pâtes et des pizzas ! Le Nord est contaminé. Choisissez Naples par exemple : vivre près des colères potentielles du Vésuve vous rend encore plus volubile, ouvert et joyeux. Cela vous ouvre un insatiable appétit de vivre en se moquant de tout et de son contraire. Ce n’est pas pour rien qu’on y a créé la Commedia dell’arte avec ses pitres et ses bouffons... enfin, c’est ce qu’ils prétendent. Et là-bas, dans le bruit des scooters et des klaxons, on y chante et l’on y rit, on rigole et l’on se marre. En ce moment, ce qui leur dilate la rate, ce sont nous autres, les Français qu’ils regardent avec de grands yeux… Les Français, ces Italiens de mauvaise humeur qui s’imaginent les descendants de Descartes en collectionnant leurs Médailles Fields. C’est vrai que les mathématiques sont censées ordonner le monde : elles permettent de localiser les éléments qui le composent et de déterminer leurs relations entre eux et ce jusqu’au niveau des particules depuis l’apport de la physique quantique. Mais ce qui fait rire les Italiens c’est le bordel innommable que nous avons foutu dans notre beau pays… Cela tourne à la pantalonnade où les guignols se frappent à coups de gourdins en carton. Et allez ! Vive le burlesque et la franche rigolade !

      Mais j’ai beau chercher autour de moi, je ne trouve pas de Charlie Chaplin et de Buster Keaton. Où sont-ils passés ? On en aurait bien besoin pour rire de nous-même avec eux… Il arrivait toujours quelque chose de terrible à leurs personnages comiques : on les envoyait valdinguer, ils tombaient du haut d’une maison, ils glissaient sur une peau de banane, mais, ce qui était le plus important, c’est toujours ce qu’ils faisaient ensuite. Charlot est sur un bateau et veut s’asseoir sur un transat, il se débat plus de cinq minutes pour le déplier dans tous les sens et on rigole. Mais là où il devient génial, c’est qu’à la fin, après tous ces efforts, il le balance pardessus bord et s’assoie sur un banc. L’humour burlesque c’est toujours fait l’écho de problèmes bien réels. Avec le rire et la dérision, il constitue un rempart contre tous les totalitarismes, tyrannies, pensées uniques et autres Ubu de pouvoir. L’humour de Charlot consiste à placer le personnage dans les pires situations et à voir comment il s’en sort. La manière dont il galère puis l’astuce dont il fait preuve nous fait immanquablement rigoler : il est confronté à un problème et il le résout de manière inattendue. Dans un film burlesque, une simple chaise pliante devient une source inépuisable de problèmes et dans la vraie vie, on n’aime pas les problèmes, ils nous rendent méchants. Un clown est plus intéressé par les problèmes que par les solutions, mais au moins, il nous fait rigoler. Et franchement, c’est ce qui nous manque le plus en ce moment.

Page du 17 janvier 2018 jour d'Italie
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