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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 26 janvier 2019 jour à la bougie

Denis Vallier

      À la maigre loupiote vacillante de leur réflexion, sages et philosophes nous ouvrent la route depuis la nuit noire des temps. Par derrière les religieux leur savonnent la planche pour brouiller les pistes et nous faire tourner en rond. Il y a bien eu le Siècle des Lumières, mais un imbécile a dû éteindre en sortant, et nous, nous aurions plutôt tendance à suivre notre zizi ou le fumet d’un bon repas. Depuis qu’elle a inventé l’électricité, la Science éclaire puissamment les alentours, mais c’est pour découvrir un fouillis inextricable. Les philosophes continuent malgré tout d’ouvrir quelques sentes à coups de stylo dans cette jungle exubérante et les religieux continuent à brouiller les pistes. Suffit-il que leurs philosophies soient cohérentes en elles-mêmes pour qu’elles soient, au mieux utiles, au minimum intéressantes ou bien faut-il y rajouter la beauté à l’édifice ? Il nous manque systématiquement une information pour en décider et en bénéficier pleinement : on ne sait jamais pourquoi une philosophie a été construite et développée. On ignore les motivations premières, fondamentales, qui ont poussé telle personne à bâtir ses concepts philosophiques ; on ne voit que le produit fini et on n’a d’autre choix que de l’accepter tel que. Quand je me risque, par exemple, à ouvrir l’Ethique de Spinoza, je suis admiratif mais incapable de reconstituer sa démarche ; je ne comprends pas comment il a réalisé son exploit et cela me chagrine de ne pas avoir l’intelligence suffisante pour voir sa pensée en action. Ce qui me console, c’est que je ne dois pas être le seul. Finalement, chaque philosophie n’est véritablement utile qu’à son créateur (et s’il y a pris du plaisir, tant mieux pour lui !).

      Si nous trouvons un intérêt ou une utilité dans la pensée d’autrui, c’est presque par hasard : parce qu’à un moment donné, nous nous sommes trouvés « proches » d’elle, qu’une rencontre s’est produite fortuitement avant qu’on aille voir ailleurs si on y était. Et ce n’est déjà pas si mal, si on considère l’improbabilité statistique d’une telle rencontre et l’invraisemblable sac de nœuds de toutes nos trajectoires… Ne comptons donc plus trop sur les bienfaits de la chance ni sur tel ou tel maître à penser mais rassemblons nos idées, collectons nos données, regroupons nos expériences, et partageons-les puisque c’est maintenant si aisé. Qu’au moins les réseaux sociaux servent à autre chose qu’à l’épanouissement des chatons et à la diffusion de fake-news. À plusieurs, le monde sera peut-être plus facile à comprendre et nous sommes si nombreux... Puisque chacun est maintenant en relation avec chacun, si chacun apportait sa petite pierre à l’édifice (ne serait-ce que son grain de sel comme je le fais ici), peut-être y verrions-nous plus clair. Que chacun mette ce qui lui sert d'intelligence là où il peut et l'humanité lui sera reconnaissante, forcément, même si elle ne lui dira jamais et qu’il n’en saura jamais rien. A bonne en tendeurs… salut !

Page du 26 janvier 2019 jour à la bougie
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