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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 19 décembre 2019 jour des culs-de jatte.

Denis Vallier

      Nous avons évolué insensiblement depuis les origines et nous continuerons à le faire jusqu’à la dernière des générations. Mais qu’allons-nous devenir si on ne bouge plus ? Non seulement nous nous sommes sédentarisés de longue date, mais, ces derniers temps, nous avons interposé des écrans entre la réalité et nous, puis nous nous sommes assis… Pour compenser, certains vont courir sur des tapis roulants dans des salles de sport mais ils y vont en voiture… Cherchez l’erreur ! De plus nous nous isolons progressivement en réduisant petit à petit nos contacts physiques devenus suspects et même carrément prohibés.  Puritanisme hypocrite oblige… Le prof de gym de votre fille préférera la laisser tomber plutôt que de la protéger et de se retrouver accusé d’attouchements… Condamnez l’époque qui nous sépare plutôt que sa personne. Un dictateur s’en friserait les moustaches ! Nul besoin de prisons ou d’asiles pour contrôler les peuples, nous nous sommes cloîtrés, morcelés et surveillés de nous-mêmes et volontiers en plus pour un grand nombre d’entre nous.

      Pouvoir bouger est la condition première de la liberté : quand on fait un prisonnier, on commence par l’entraver. En général, nous défendrons bec et ongles cette liberté de mouvement, les vieilles générations y sont particulièrement sensibles, elles se feront remplacer genoux et hanches avec joie pour pouvoir encore se balader à leur guise. Leur enfance fut souvent rurale et proche de la nature (- nous avions fort souvent des grands-parents à la campagne), mais voilà qu’une bonne proportion de nos petits-enfants s’enferment à double tour et se virtualisent à vue d’œil. Ils deviennent des voyageurs virtuels et arpentent un monde numérisé en dégommant tout ce qui bouge  Les rares qui sont encore dehors font le guet pour des dealers. Comme elle est loin la guerre des boutons ! Elle se conclue de nos jours à coups de kalachnikovs.

      Si ce n’est pour échapper à la police ou aux pitbulls, où courent encore nos gamins ? Sur quel stade ? Dans quelle forêt ? Dans quels arbres grimpent-ils ? S’y construisent-ils encore des cabanes ? Je rédige ici la chronique d’une catastrophe annoncée dont nous sommes tous responsables : si l’on surprend son gosse perché dans un arbre, on est les premiers à appeler les pompiers… Comment vont-ils évoluer à ce train ? Les jambes seront-elles en option ? C’est un danger imminent qui guette notre jeunesse, il est encore plus inquiétant que le réchauffement climatique.

On peut bien dessiner et bien nous faire rire Mais le sort veut que "sors!" prenne un S à s'écrire..

On peut bien dessiner et bien nous faire rire Mais le sort veut que "sors!" prenne un S à s'écrire..

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