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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 20 décembre 2019 jour où Pessoa s'assit...

Denis Vallier
(Illustré par Jabid Arsalan)

(Illustré par Jabid Arsalan)

Et Pessoa s’assit…

Les hommes marchèrent pendant des millénaires
Et suivirent le soleil toujours un peu plus loin
Ils s’arrêtèrent enfin, là où finit la Terre.
Mais la force pousse aux reins il faut aller plus loin,
Ils se firent un pont, fait de voile et de vent.
Et s’en furent essaimer sur tous les océans.


Ceux qui restèrent-là n’eurent plus que du temps
Des amours envolés, les souvenirs absents,
Et Pessoa s’assit, voyagea dans sa tête…
Il retourna sa barque comme on jette sa casquette
Cul par-dessus tête sur des rêves liquides
La coque assoupie pourfendit le grand vide.

Il vogua à l’envers remontant les hivers.
Là où naissent les vagues, les vagues retournèrent.
Ironie et saudade et vagues inlassables
Lisbonne suinte son fado dans le temps étirable
Ciel sucré, mer salée, vent du large, large vue
Pessoa s’est assis et puis ne bougea plus
.

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