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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 28 décembre 2019 jour des taureaux baveux.

Denis Vallier

      Nous balançons d’un pied sur l’autre en avançant. ..Yin et Yang, Lumières et ténèbres, sans que jamais l’on puisse connaître la pureté des unes ou des autres… On ne fait que passer... Nous jouissons et nous souffrons, des étoiles naissent puis explosent, la vie se nourrit de la mort... Notre monde est prodigieux et empli de merveilles quand la beauté s’unit à l’amour mais il est tout autant un enfer quand il sombre dans la violence et que la douleur le recouvre. Quand elle n’est pas physique, la violence se fait verbale et ces derniers temps elle est particulièrement envahissante. On peut toujours essayer de s’en protéger en se voilant la face et en se bouchant le nez et les oreilles mais nous avons la bêtise de la laisser pénétrer toujours plus profond dans nos chaumières. Nous y sommes confrontés à longueur de journée depuis que nos téléphones et autres tablettes monopolisent notre quotidien.

      Parler et offenser, pour certaine engeance que l’on croise au volant ou sur nos écrans, est alors exactement la même chose. Ces langues grossières sont perfides et amères; leur style éructe le fiel et l'acide : la raillerie, l'injure, la basse insulte leur bavent des lèvres en flot de salive comme autant de crachats. Notre compassion voudrait qu’ils soient nés muets ou stupides car ce qu’ils ont de vivacité et d'esprit leur nuit davantage que ne fait à quelques autres leur imbécillité  prétentieuse. Ils ne se contentent pas toujours de répliquer avec aigreur, ils attaquent bien souvent avec hargne et insolence avant même qu’on hausse un sourcil ; ils frappent sur tout ce qui se trouve sous leur langue : c’est plus fort qu’eux ils se doivent d’intervenir et se mêler à toute conversation. Ils heurtent de front et de côté, comme chargent les taureaux : demande-t-on à un taureau qu’il n’ait pas de cornes?

      De mon côté, par l’impertinence contrastée de cette peinture d’un classicisme révolu et d’un style aussi désuet que ridicule, je n’espère pas réformer des naturels si obtus, si farouches, si irrécupérables qui (- ô miracle !) reconnaîtraient là leur dur front buté. Ce que je peux faire de mieux, d'aussi loin que je les découvre, est de changer de trottoir… Dans ce monde merveilleux mais parfois si laid, l’intelligence voudrait que l’on donne raison à la brutale vulgarité le plus vite possible, cela nous ferait gagner un temps considérable mais aux dépends de toute dignité.

Page du 28 décembre 2019 jour des taureaux baveux.
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