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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 30 décembre 2019 jour des douaniers...

Denis Vallier
(Illustré par Böyle Şeyleri Seviyorum)

(Illustré par Böyle Şeyleri Seviyorum)

      Disserter, les mains dans le dos, face à l’immensité d’un si vaste océan de connerie humaine, dégage une désagréable impression de suffisance et de puante prétention intellectuelle… alors que non, pas du tout, j’essaye simplement de mieux me comprendre pour tenter d’être un peu moins con demain (- si demain il y a). Je suis dans le bain à patauger comme je peux. A mieux y regarder, l’intelligence n’existe pas en elle-même, c’est un fourretout : il y en a 36 sortes fort différentes que l’on n’a aucune raison de hiérarchiser. J’aurai beau m’entraîner nuit et jour, jamais je ne définirai un trajet d’arbre en arbre aussi vite qu’un prodigieux gibbon même si je me vois mal perché là-haut. Je n’ai pas cette intelligence-là. Avant, bien avant de tenter de pourfendre la bêtise au nom d’une intelligence aristocratique, de distinguer une vie pleine d’une dent creuse, il m’eut fallu ouvrir le chantier des multiples définitions que l’intelligence exige mais c’est trop de travail et comme toujours je vais me simplifier la tâche au maximum en bon feignant qui se respecte. De plus, ici, c’est aisé à formuler : l’intelligence appartient au premier qui a pensé à la définir… Voilà, c’est stupide mais c’est fait ! Quoi que…  ?
(- Bonjour, je m’appelle Forrest. Forrest Gump. Maman disait toujours : "N’est stupide que la stupidité. La vie c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber."). Ceci dit, y a-t-il une différence entre inintelligence et stupidité ? A partir de quand, et comment, par quel pont passe-t-on de l'une à l’autre ? Et vice versa, bien entendu !

      Si, de nos jours, on veut construire un pont qui tienne la route ou si on veut dessiner une société viable, être une tronche ne suffit plus : mieux vaut s'y mettre à plusieurs et faire appel à des machines. Les tronches servent également à livrer des tonnes de connaissances. Elles nous laissent entrevoir la complexité comme les costauds impose la loi du plus fort, mais l'union fait la force autant que l'intelligence et nul n'est besoin de tronches pour penser notre union. On pourrait d'ailleurs très bien définir l'intelligence comme « ce qui nous unit » puisque c’est le fruit d’une évolution qui nous a amenés où nous en sommes (- et les ponts sur nos euros en sont un assez beau symbole). Pourtant, en faisant un tour d’horizon, on constate qu’on n’a jamais construit autant de murs ancrés dans le territoire qu’à notre époque paradoxale : plus on globalise, plus on a besoin des frontières territoriales. Sans doute que la différence doit être institutionnalisée pour ne pas se rigidifier. C’est comme souvent un problème de frontières, de rejet et de douaniers qu’aurait apprécié notre grand philosophe Fernand Raynaud... "J’suis pas un imbécile… puisque je suis douanier….j’suis douanier et je hais les étrangers ! Ils viennent manger le pain des Français …/… un jour l’étranger en a eu marre des Français, d’leur pain… il est parti au loin… et depuis on ne mange plus de pain… il était boulanger !"…Y a-t-il des douaniers de l'intelligence ? Et de la bêtise?

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