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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 15 avril 2020 jour du parasite...

Denis Vallier

      Un coronavirus, comme tout virus, ce n’est vraiment pas grand-chose : un désir adaptable dans un soupçon d’acide nucléique sous un voile de protéines.  Le débat pour déterminer si c’est un être vivant se prolonge : il existe mais peine à vivre selon la définition que l’on donne du vivant.  Par contre, ce dont on peut être certains, c’est que l’Homme moderne, celui des buildings, la dernière mouture de l’évolution qui a l’ambition de diriger le monde en accumulant le plus de richesse possible, ne vit pas plus qu’un algorithme : il fonctionne suivant une programmation dont il n'est même pas conscient. L'Homo financiarus existe au présent sans passé ni avenir à part un Plan de Carrière. Lui qui se nourrit de graphiques et de dividendes est un programme solitaire issu d’un tableur : comment pourrait-il avoir des proches ou des amis ? Il n’a que des rivaux potentiels et les autres ne sont plus des autres, mais des bilans comptables concurrents, des adversaires, des obstacles dressés sur le parcours vers les sommets, ou bien, à l’inverse, des outils, des prothèses, des béquilles... Il peut être surdoué en math et expert en stratégie des affaires, mais on peut tout juste lui accorder le développement affectif d’un enfant de quatre ans. Il a manifestement un problème psychique et a dû sauter une étape indispensable, celle que l’on pourrait appeler la phase de désillusion qui met fin à l’illusion de toute puissance de l’enfant. En devenant raisonnables, nous finissons par accepter le monde et sa réalité, eh bien lui, non… 

      Il s’occupe essentiellement de ses intérêts compensés mais le problème, c’est que sa richesse entraîne tout un pan de la société dans son sillage. Ce parasite a mis en place un système qui nous rend dépendants de sa puissance financière. Le résultat, c’est que nous sommes tous atteints à des degrés divers par ce virus et que, biologiquement, nous restons génétiquement parfaitement adaptés à un monde qui n’existe plus puisque nous l’avons détruit par l’impact de notre nombre et de notre mode de vie devenu aberrant… Dans la Nature, les extrêmes ne survivent guère : les faibles disparaissent avant les autres en cas de problèmes et les forts s’éliminent entre eux. Comme la nature est bien faite, les déviants dominants, qui ont toujours profité des plus faibles ou des plus doux, ont été systématiquement éliminés par des rivaux plus jeunes ou bien rejetés sans ménagement par le groupe qui sait aussi se défendre. Malgré toute sa puissance, le roi est nu… et ce qu’il pourrait lui arriver de mieux serait qu’effectivement, il se retrouve à poil en pleine nature pour enfin prendre conscience de son insignifiance par rapport au vaste monde.… Mais dans cette perspective, un questionnement me taraude et m’empêche de dormir : où donc l'Homo financiarus post-moderne caserait-il sa carte bancaire ? Où rangerait-il son portable ? En existe-t-il en forme de suppositoire ? Ce serait une avancée du majeur qui resterait dans les annales.

(Pour la photo, vous voudrez bien m’excuser pour ce coup de ciseau qui vous prive de muscles fessiers esthétiques et performants, censure oblige. Je suis sous la menace de trente jours d’interdiction de publier pour je ne sais quelles raisons stupides… sans doute l’œuvre de pleutres rancuniers et de l’absurdité des machines…)

Page du 15 avril 2020 jour du parasite...
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