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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 19 avril 2020 jour de tous les possibles...

Denis Vallier

      Nietzsche faisait dire à Zarathoustra qui parlait "ainsi", cette langue mystérieuse : "un arbre s’élève plus haut s’il plonge ses racines plus bas"… Monsieur de La Palisse aurait confirmé. Zarathoustra parlait vrai : si l’on souhaite comprendre où l’on va, mieux vaut savoir d’où l’on vient et pour cela il faut creuser et mettre à jour ses racines. N’en déplaise à Brassens, tant que l’on ne s’enferme pas et que l’on nourrit un esprit d’ouverture et de tolérance, il n’y a aucune honte à être "un imbécile heureux qui est né quelque part". Au contraire, c’est un atout et tout le monde n’a pas cette chance. Toutefois, si être de quelque part comme un lapin est de garenne, est un plus, il ne saurait être suffisant et mieux vaut aller voir ailleurs si on y est : nous avons en nous tellement d’autres possibles…

      "Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage"… m’avaient appris mon instit et Du Bellay, "et puis est retourné, après maintes traversées, au pays des vertes années…" a chanté Brassens… Toue une vie en quelques mots bien choisis… que ces vers m’ont fait rêver. Quand, tous rêves bus, on défait ses bagages et qu’on se retourne sur son trajet, on réalise combien notre vie aurait-pu être toute autre si l’on avait choisi d’autres mots et fait d’autres choix. Si, par exemple, on avait répondu "non" au maire plutôt que "oui" rien que pour rigoler, si l’on avait pris le compartiment "smoking" plutôt que "no smoking" quand il y en avait encore, si ce train n’avait pas eu de retard, et si ceci, et si cela… Notre vie n’est que les conséquences d’une multitude de choix mais aussi de circonstances, de surprises, de rencontres, de trajectoires qui se croisent ou non, de liens qui se nouent ou pas. Et pourtant, au final, nous n’avons qu’une seule réalité tangible et pas une autre ou bien alors les univers parallèles sont sacrément étanches. C’est le thème de nombreux romans de fiction mais aussi de BD, de films ou de séries télé et on comprend aisément cet intérêt : le résultat du mélange de cette infinité de hasards et de nécessités à commencer par tout ce qu’il a fallu pour "simplement" venir au monde, paraît tellement impossible, tellement invraisemblable tant il est intriqué et complexe… et malgré tout, il est là sous nos yeux et on a le privilège inestimable de pouvoir le toucher du doigt… Quand on voit ce qu’on en fait…

Page du 19 avril 2020 jour de tous les possibles...
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