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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 23 avril 2020 jour de balade avec Spinoza...

Denis Vallier

      Au bout d’une vie, quelle image a dessiné la trace de nos pas sur cette terre ? Un infâme gribouillis ? Un cœur ? Des courbes ? Un cercle ? Une croix ? Une droite ?...  Un bref bout de chemin en compagnie de Spinoza (- que je ne connais que trop peu) permet de comprendre que toute théorie qui se baserait sur le libre-arbitre (- comme si chacun avait totalement le choix de son parcours), serait illusoire car elle ignorerait les causes qui nous déterminent et nous font aller ici plutôt que là. A ce que j’en comprends, Spinoza ne conduit pas pour autant à une fatalité ou à une résignation dans laquelle  ceux qui seraient dans une position donnée ne feraient que reproduire mécaniquement leur système d’origine puisque qu’il nous montre que nous avons la puissance d’agir. Mais il précise que ce n’est pas une puissance sans causes venue de nulle part.

      Cela nous permet de slalomer entre deux obstacles majeurs : d’un côté, celui d’un déterminisme absolu accompagné d’une résignation fataliste et d’un autre, celui d’un libre-arbitre illusoire qui nous plongerait en plein nihilisme jusqu’à l’absurde et l’acte gratuit et qui ne donne aucune explication à nos parcours. Cela permet d’esquiver les erreurs de l’excellence platonicienne qui voudrait qu’un fils de cordonnier vive et meure en cordonnier (- telle que Platon la pense dans la République idéale), tout comme les erreurs de ceux qui braillent haut et fort "je me suis fait tout seul et je ne dois rien à personne". L’intelligence de Spinoza nous aide à nous faufiler, à penser un troisième terme entre ces deux déterminations autant insatisfaisantes et frustrantes l’une que l’autre. Elle permet de penser à un changement, un décalage possible, une évolution, une plasticité de l’individu, qui ne soit pas une exception ou un miracle mais plutôt l’affirmation d’une puissance d’agir, certes déterminée elle aussi, mais dans un cadre bien plus large puisqu’elle échappe aussi bien à la résignation fataliste qu’à la tromperie de la volonté sans causes. Ce que j’apprécie quand ce banni de Spinoza me rend visite de temps à autres sans autorisation de circuler malgré le confinement, c’est qu’il apporte un peu de l’air frais des cimes : il aurait fait un bon skieur…

Spinoza le banni...

Spinoza le banni...

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