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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 6 avril 2020 jour de la planète des signes...

Denis Vallier

      Nous sommes tous nés sous X, des enfants perdus, abandonnés à la naissance par des ancêtres inconnus. Notre arbre généalogique n’a pas de tronc massif et rassurant, c’est un buisson, un roncier inextricable. Parlez de notre animalité, de nos poils, de nos doigts de pieds ou tout simplement du fait que nous appartenons à l’ordre des mammifères et les amis fondamentalistes de Trump accompagnés par tout un pan de la population mondiale vous riront au nez offusqués en vous traitant d’hérétique… Fut un temps pas si lointain où l’on vous brûlait pour moins que ça. Nos origines sont incertaines et dès que vous les évoquez, vous réveillez des passions, des clivages, de vieilles colères archaïques. De toute façon, depuis Caïn, qui a sacrifié Abel, son frère néanderthalien, sur l’autel du "progrès" bien qu’il ait eu un cerveau plus gros que le sien, les humains sont nés en colère, ils croient bon de battre le frère quand il est faux. L’homme ADN tenaces. D’ailleurs, pourquoi tant d’ADN ? Je dois vous avouer qu’ici, j’étais mauvaise langue et de mauvaise foi : Neandertal a principalement disparu de lui-même, on a bien dû lui refiler quelques vieux coronavirus mais c’est surtout parce qu’il avait pris la grosse tête ce qui décimait exagérément les mères à l’accouchement…

      Décidément, avant même de naître, la vie ne tient vraiment qu’à un fil qui, j’insiste, descend d’un ancêtre commun avec le singe, lequel ancêtre descendait de l’arbre, et forcément (- j’en rajoute une couche) d’un arbre de transmission. Depuis des temps immémoriaux, le singe continue à sauter sur la branche, la branche reste sur l'arbre et l'arbre, lui, reste très au-dessus de tout ça, là-haut, perdu dans ses lentes pensées. Les arbres nous branchent, nous les aimons et nous les admirons. Ça ne date pas d’hier, cela ne nous a pas empêché de les abattre par milliards, mais malgré tout, ils ne nous laissent pas indifférents en raison d’on ne sait trop quel atavisme… Depuis qu’on sait qu’ils communiquent et s’entraident, je me demande même parfois s’ils ne représentent pas une forme de vie supérieure à la nôtre... "On végète… Comment ça, on végète ?… ah bon ! Vous pensez qu’on végète…  Nous absorbons votre CO2, nous vous fournissons de l’oxygène et nous vous offrons nos fruits pour que vous vous en empiffriez jusqu’à satiété.., Nous, nous ne demandons rien à personne, nous prenons le temps, tout le temps que vous gaspillez à courir de partout nous le consacrons à grandir. Nous avons des ambitions verticales, nous sommes des rêves qui se réalisent, nous nous élevons patiemment et quand vous ne serez plus que poussière, vous nous nourrirez en retour…"

      Le génome humain ne diffère pas tant que ça de celui de l’arbre et de seulement 1,5% de celui du chimpanzé, nous avons les mêmes gestes, le même regard en épluchant une banane. Malgré cela, un arbre généalogique, est-ce donc bien utile ? Il satisfait quelle obsession ? Il répond à quelle inquiétude ? Au traumatisme de l’abandon ? A notre lien distendu avec nos origines et la nature ? S’il me dit où je suis, sur quelle branche et en compagnie de qui, il ne me dira jamais qui je suis...Les singes, eux, sont restés proches des arbres et si les trois singes de la "Planète des Signes" se cachent les yeux, les oreilles et la bouche, ce n’est pas pour fermer les écoutilles, c’est pour rêver eux-aussi, s’imaginer et penser. C’est le grand oubli du singe qui est encore en moi….

Page du 6 avril 2020 jour de la planète des signes...
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