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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 11 mai 2020 jour des spectres...

Denis Vallier

Jusqu’à il y a peu, les parasites qui s’étaient accaparés le pouvoir déclenchaient des guerres selon l’intérêt du moment et demandaient à des pauvres types comme vous et moi de la terminer… On ne pensait qu’à se défiler, mais ce n’est pas évident quand on vous exécute sur place pour l’exemple… Il est pourtant impossible d’admettre de sacrifier sa vie, sa famille, sa jeunesse, son éthique, le respect de soi-même pour des raisons absurdes et dérisoires ? C’est tout bonnement inadmissible ! C’est pour cela que nous ne voyons aucune logique dans la guerre, rien que l’ignominie et la souffrance. Depuis des millénaires, les morts se sont empilés par millions au bon vouloir des princes. On proteste bien un peu, mais on supporte, il faut bien... Malgré tout, à force, ça finit par devenir pénible et lassant de se faire tuer pour des prunes. Ça finit par vous irriter et à provoquer la réaction plébéienne classique : haïr ce qui nous dépasse. Du coup, on hait ce qui nous dépasse. Heureusement, ceux qui nous dépassent hésitent un peu plus ces derniers temps, les guerres ont pris d’autres formes : en ce moment par exemple, on se bat contre un virus à coups de rouleaux de PQ. C’est sans doute une question d’hygiène et de propreté, les guerres auxquelles nous étions habitués jusque-là sont devenues bien trop salissantes à l’aire d’Apple et de Facebook. Autrefois, ça avait au moins de l’allure…

Armées squelettiques de sinistres fantômes
Vieilles carnes efflanquées aux rires plein les dents
Sur les champs de bataille aux combats si ardents
S’entrechoquent des crânes ricanant sous les heaumes.

Sur les broussailles maigres, silhouettes qui s’ébauchent,
Les froides brumes tissent à ces hordes un suaire
Cet aérien linceul recouvre un ossuaire
Où résonnent assourdis, les chocs lourds qui les fauchent.

Ce ne sont que des spectres qui harcèlent nos mémoires
Portant des étendards où s’inscrivent nos remords.
Ils rigolent de me voir m’inquiéter de leur sort,
Ils sont morts à la guerre, des détails de l'Histoire.

Levez-vous pour de bon, vous tous les inconnus,
Tombés pour votre prince. On vous attise la flamme,
On vous couvre de fleurs essuyant une larme.
Cessez donc de vous battre, hantez ces parvenus !

Page du 11 mai 2020 jour des spectres...
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