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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 15 mai 2020 jour de Trump et Camacho...

Denis Vallier

      A ma grande déception, il n’y a plus de projet européen lisible et valable et notre incapacité à apporter une réponse commune à cette pandémie renforce cette déception  mais je garde espoir malgré tout : Nietzsche prédisait une Europe unie par sa médiocrité citoyenne, quelle clairvoyance !… et quelle désillusion…  Ce n’était pas qu’un philosophe de génie à grosses moustaches ayant mal fini, c’était aussi un visionnaire qui détestait la névrose nationaliste, les drapeaux et tout le tintouin. Il annonçait de manière prophétique ce qu’il appelait "le métissage européen" : la nécessaire union économique en n’ayant pas de mots assez durs pour "l’infection" ou la "folie" nationaliste, "le nationalisme de bêtes à cornes". Il convient de rappeler qu’à son époque, la vie n’accordait que de brefs répits entre deux guerres et ce que l’on n’a pas l'esprit de dire, c'est que ce n'est ni la guerre ni sa préparation qui font avancer l'esprit mais le manque d'esprit qui avance la guerre. En principe, en démocratie, une majorité accorde le pouvoir à ses représentants, le problème, c’est que si une majorité s’accorde à désigner un âne pour la représenter, cela reste un âne. Nietzsche devait avoir cruellement conscience des limites de la démocratie et je suppose qu’il devait pressentir son corollaire : le populisme...

      Le Covid-19(84) peut entraîner à terme des conséquences politiques désastreuses bien pires que lui. Le populisme est un de ces dangers qui nous guettent : c’est le tapis rouge déroulé pour le clientélisme, le népotisme puis la dictature par une caste. C’est couru d’avance, l’Histoire nous enseigne qu’il n’en est jamais autrement et pourtant, combien d’entre nous l’ignorent ou en doutent encore et sont prêts à vendre leur âme au diable ? Malheureusement, comme l’Histoire nous l’enseigne également, l’Europe a tendance à emboîter le pas aux Américains avec quelques années de retard et nous sommes déjà en train de le constater ici ou là...

      Au 26 ème siècle d’"Idiocracy", ce film hilarant, souvent débile, mais prophétique de Mike Judge, le président de ce qui reste des USA est un populaire champion de catch roulant des mécaniques, vidant des chargeurs d’armes automatiques à tout va rien que pour se faire plaisir et entouré d’une cour des miracles totalement stupide… Mike Judge a été à la fois surpris et accablé que ses projections si lointaines se réalisent si tôt… Un Donald Trump élu président des États-Unis, c’est une insulte faite à l’Histoire, un retour de manivelle à vous casser le bras. Faire de la présidence de ce grand pays un caprice de milliardaire qui se paye un jouet pour ses vieux jours devrait nous interpeller... On peut légitimement se demander si le populisme est un dévoiement de la démocratie ou bien s’il est devenu son essence. En admettant (- avec beaucoup de réserves) que la démocratie soit le régime où le peuple se dirige lui-même et défend ses intérêts, alors tout prétendant à une élection se doit d’être le candidat du peuple, c’est entendu. Il suffit alors de convaincre le peuple qu’on est son champion… et finalement, pourquoi pas un champion de catch ? Les élites ne sont pas blanches comme neige, loin de là, leur égoïsme, leur rapacité et leur mépris sont souvent condamnables, mais pour autant, est-il légitime de tout miser sur l’affrontement du peuple contre les élites pour s’emparer du pouvoir ? De se poser en chantre de l’antisystème en en étant un rouage éminent du système ? De submerger en permanence les médias et la population de mensonges énormes ou plutôt de "vérités alternatives" ? D’enlever toute confiance en quoi et en qui que ce soit à son peuple en le faisant douter de tout, du vrai comme du faux ? De le désorienter au point qu’il ferme les écoutilles et se mure dans l’ignorance en se laissant, dégoûté, mener par le bout du nez ?  Qui méprise le plus "le petit peuple" que celui ou celle qui l’oppose au "système" et ne fait ainsi que le regarder de haut avec le plus grand mépris ?

Idiocracy au 21ème siècle...

Idiocracy au 21ème siècle...

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