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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 17 mai 2020 jour de poussière et d'ombre...

Denis Vallier

Ce n’est pas bien compliqué, on est philosophe dès qu’on se pose une question et qu’on tente d’y répondre par soi-même. Il n’y a que le premier pas qui coûte comme disent les démineurs. C’est mieux avec une méthode, mais elle n’est pas obligatoire, on peut aussi le faire avec poésie. La réussite ou l’échec n’y changent rien, le mal est fait, l’apostat impossible, vous avez contracté un virus bien plus tenace que celui qui nous pourrit la vie ces derniers temps. Comme Monsieur Jourdain, du plus petit au plus grand, du plus crétin au pur génie, nous sommes tous à à nos moments, philosophes. Comme la poussière du temps, la Philosophie se niche dans les moindres recoins, par exemple, la Physique est-elle de la Philosophie appliquée ? Eh bien oui, il me faut bien l’admettre : un bombardier et ses bombes sont bien des outils de philosophes. Si le but de la philo est de tenter de résoudre une énigme que vous vous posez, alors, un bombardier dissémine des solutions évidentes pour nos penseurs militaires. "Pas de quartier !" hurlent nos philosophes bottés qui combattent le chaos par le chaos et lâchent leurs chiens de guerre. Comme autant d’humains, il y a de bonnes et de mauvaises philosophies.

La guerre est une grand roue, un cycle de vengeance… 2.5 millions de bombes sont tombées malencontreusement sur l’Allemagne entre 1939 et 1945. "Ils l’avaient bien cherché" justifiaient les stratèges. Les Allemands aussi s’étaient vengés… Le nombre d’obus non éclatés toujours enfouis dans le sol est estimé à au moins cent-mille… Il reste du travail pour des générations de démineur ce qui en fait toujours un métier d’avenir. On comprend mieux pourquoi le chômage n’est pas un problème dans ce pays. Hors l’extrême légitime défense, comment peut-on tuer des innocents sans être un meurtrier ? Allemagne, Japon, Syrie, Yémen…il y a des limites à l'ineptie mais la grand roue tourne, encore et encore... Comme il serait bon et jouissif d'aller pisser sur ces bornes...

Je suis du bataillon, je suis de cette armée
De ceux qui à l'aurore, explosée dans sa chair,
Décimée par la guerre, ont vu venir la mort
Sous des ailes d'avion, sous un toit effondré.

Nous n'étions ni soldats, ni même combattants.
Nous étions simplement de ce peuple d'en bas.
Nous ne sommes plus rien au lever de ce jour,
Ou poussière pour toujours que reniflent les chiens.

Ne restera de nous demain dans les journaux
Qu'une ligne, quelques mots que vous lirez chez vous.
Nous n'aurons pas de nom, ne serons que des nombres.
La fumée de nos ombres
posera toujours question...

Page du 17 mai 2020 jour de poussière et d'ombre...
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