Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 21 mai 2020 jour du crocodile...

Denis Vallier

A l’affut, ou maraudant entre deux eaux, mon cerveau reptilien est toujours là, bien présent, prêt à crever la surface et à bondir sur sa proie. Entre deux bains de soleil, les crocodiles sautent sur tout ce qui bouge et n’ont peur de rien jusqu’au jour où ils se font briser le dos par des mâchoires plus puissantes que les leurs. Le monde et la vie sont amour et violence fougueusement entremêlés : passion et désamour, union et rupture, c’est une coulée de lave en fusion depuis les premiers soubresauts de notre univers et ses toutes premières particules. Le curieux dans l’histoire est que violence et amour sont l’une et l’autre, choses indivisées, des mouvements, des ondes qui traversent et animent le monde comme un courant alternatif. L’amour nous agglomère sans cesse et la violence nous disperse, mais il n'y a pas la violence de ceci ou de cela, il n’y a que la brisure, la séparation, la division, la dispersion. A la fin de l’histoire, c’est toujours le méchant qui gagne, c’est pour cela que l’univers est en expansion… On a depuis toujours divisé pour régner mais surtout pour détruire brutalement ce que l’amour a mis tant de temps à construire, que ce soit l’armée ennemie ou les taches de gras sur nos chemises. L’amour surnage dans la violence physique ou verbale ainsi que dans toutes les divisions que la pensée, dans sa cécité, s'ingénie à provoquer pour ménager tant bien que mal le penseur (- parce que la perception globale de la violence, la perception non fragmentée de celle-ci, implique immédiatement le penseur, ce qu'il refuse bien entendu. Le penseur étudie la violence mais s'exclue de l'analyse qui, comme une bombe à fragmentation, est un moyen de s'exclure définitivement).

Ce crocodile figé fixait mon âme sombre
Abandonnée aux ombres, effrayée et piégée.
Son œil était troublant par sa bestialité.
Cet œil était brûlant de simple vérité,

 

Il n'est d'être puissant que bête sans notre science
Tuant dans l'innocence et s'abreuvant de sang.

Il n'est de chant si pur que celui de l'instinct,
Plus simple que la bure, sans haine et sans dessein.

(Dessin de Kadey)

(Dessin de Kadey)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commentaires