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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 24 mai 2019 jour du paon...

Denis Vallier

      Pendant des dizaines de millénaires, nous sommes allés tant bien que mal vers toujours plus d’humains sur Terre. Ces dernières décennies, la courbe a grimpé en flèche : Covid-19 ou pas, ça fait 250 000 bouches à nourrir de plus chaque jour. Le problème, c’est qu’il y toujours plus d’humains pour toujours moins de place, d’énergie et d’humanité.

      L’inconvénient du progrès, c’est que grâce aux bienfaits de la médecine, de la sécurité alimentaire, militaire, sociale, à l’exagération du principe de précaution, la quantité s’obtient au détriment de la qualité : comment faire plus et mieux avec toujours moins ? Moins de ressources, moins d’espaces, moins d’énergie, mais moins de travail aussi grâce au progrès technologique… Comme si elles n’avaient que ça à faire, les populations les plus incultes et les moins éduquées se multiplient en bien plus grand nombre que les autres et c’est quasiment exponentiel depuis qu’il y a moins de mortalité infantile. Les progrès de la médecine ont un double revers : c’est de faire durer plus longtemps les tyrans et de multiplier les brutes. Les premiers ont plus de temps pour nous saigner et les seconds pour se reproduire. Nous entrons précocement de plein pied dans l’Idiocracy prédite par le film de Mike Judge … C’est affoulant ! "Ce n’est pas qu’il y ait plus de cons cette année que les années passées, mais ceux de l’année prochaine sont déjà parmi nous" comme le chantonne un griot africain souriant… Je me sens concerné en premier lieu, mes propos malthusiens volent tellement bas que même les fourmis vont mettre des casques ! Mais je persiste…

     Nous sommes déjà trop nombreux et ça va ne faire qu’empirer. Bien sûr, il y a la poursuite du plaisir et ses conséquences, mais je cherche une cause plus profonde à notre propension à faire des gosses et je ne trouve que notre ego. Chacun imagine sa petite personne tellement indispensable au monde que nous éprouvons le besoin irrésistible d’en faire des copier-coller à tire larigot. Par définition, les prolétaires prolifiques prolifèrent comme des lapins. C’est hautement méprisant… mais malheureusement souvent constaté. En effet, seuls des êtres sans grandes perspectives d’avenir ont pour toute fierté d'avoir eu des enfants bercés trop près du mur. Certains vont même jusqu'à l'outrecuidance d'en faire le reproche à ceux qui n'en n'ont pas, comme s'il s'agissait-là de la seule capacité forcément digne d'honorabilité au cours de notre bref passage sur terre : ils n’ont pas la possibilité et le temps d’en envisager d’autres. De plus, de par le monde, ils sont nombreux à se justifier en affirmant obéir à des ordres divins… Un comble !

      Il parait que c’est le paon qui a inventé la roue et qu’il place toute sa fierté dans sa queue… nous autres mâles, dépourvus d’un tel appendice, la plaçons juste en dessous. Ne sommes-nous pas ridicules en train de nous applaudir quand nous éjaculons ? Nous sommes bien trop nombreux à être des humains mal finis, frustrés de leurs besoins vitaux et d'amour, à devenir des parents qui frustrent leurs enfants de leurs besoins vitaux et d'amour. Nous avons le triste privilège de tomber en direct dans un tourbillon vicieux nous entraînant vers les bas-fonds de l’Histoire. Et si le monde que l’on connaît disparaît un jour ....ce ne sera non à cause de la Covid-19 ou d’un effondrement économique brutal, mais parce qu’il y aura trop d’inhumains sur cette planète.

Page du 24 mai 2019 jour du paon...
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