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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 25 mai 2020 jour chez le gros Jeannot

Denis Vallier

      J’t’en ficherai de ce confinement ! Qu’est-ce qu’on attend pour rouvrir le café du gros Jeannot ? Manquerait plus que ça qu’on rouvre l’église d’en face et pas notre lieu de culte ! Moi, je l’appelle le Bar des 3 abrutis parce qu’il y a toujours les trois mêmes types bourrés accrochés au zinc. C’est pas eux qui éclairent ! Chaque fois que je rentre, il y en toujours un pour sortir "- Tiens, v’là l’autre con qui arrive…Manquait plus que lui !".Moi, je ne me formalise pas de leur formule de politesse, au contraire, je me sens moins seul…. Il est vrai que nous autres cons, sommes de plus en plus nombreux. D’où ça vient, je ne sais pas trop, c’est un peu compliqué à expliquer… La connerie n'a rarement qu'une seule cause. Contrairement à l'intelligence qui se joue en solo, la bêtise est une formation philharmonique qui se produit en concert. Nous sommes un paquet à traîner comme ça, à ne rien glander et à sortir des vannes à trois balles. Le nombre d'êtres humains qui ne servent strictement à rien d'autre qu'à augmenter le nombre de cons sur terre devient extravagant et il n’y a plus de vraie bonne guerre mondiale ni de mortalité infantile pour éponger le surplus ! Nous mourrons toujours idiots mais de plus en plus vieux. Si vous entrez dans un bar, il suffit de regarder autour de soi pour se rendre compte que la théorie de l'évolution ne fonctionne plus pour notre espèce. On en vient à regretter le temps des déluges divins rafraîchissants et salvateurs, des véritables épidémies pas comme celle-ci d’opérette, de celles qui vous débarrassaient d’un seul coup d’un bon tiers de l’humanité... Le problème, c’est que les éponges de bars leur survivraient.

      - Cré vin diou ! Y nous faudrait une bonne guerre… quand j’vous l’dis ! Napoléon, au secours ! Avec toutes nos guerres, pour sûr que ça en passait à la moulinette de la chair à canon. Partir à 700 000 en Russie et revenir à 200 000, ça frise le surréalisme ça ! Voilà ce que c’est de ne pas regarder la météo… et de négliger l’hygiène : le pou fut responsable de 30% des pertes, car il fut vecteur de maladies comme le typhus ou la fièvre des tranchées qui ont tué 150 000 hommes. 150 000 types en armes tués par des poux… C’est pas beau ça ?!! Et puis c’est quoi cette pingrerie minable ? Les chaussures des soldats de Napoléon étaient exactement identiques pour le pied droit et le pied gauche car elles étaient ainsi moins couteuses à produire. Combien d’ongles incarnés et autres gangrènes pour quelques sous d’économisés ?

      Cette hécatombe a au moins eu pour vertu de régler temporairement le problème du chômage. Mais depuis, la France a perdu une autre bataille : celle des varices. On ne s’en vante pas trop, mais nous sommes champions du Monde de la proportion de variqueux au grand bonheur des phlébologues et ce n’est pas une blague ! Napoléon refusait les hommes ayant des varices dans son armée, il voulait des soldats capables de marcher longtemps... Ces variqueux restés en France procréèrent, tandis que les hommes sains aux belles gambettes se firent éliminer en grand nombre. En général d’ailleurs, la dégénérescence génétique des populations est une cruelle retombée des guerres. Les varices étant génétiques, les générations suivantes en furent également porteuses de manière plus concentrée qu’auparavant ! Et depuis, Napoléon grève nos comptes de la Sécu, mais d’un autre côté, c'est une malhonnêteté de ne pas faire savoir qu'une partie non négligeable de nos allocations familiales provient des bénéfices du commerce des pétoires et autres bombes à fragmentation. Langue de bois, jambe de bois et bal à l’ambassade… À notre époque, on fabrique plutôt de la chair à actions boursières et Napoléon serait devenu chef mafieux à Londres ou à Wall Street à la tête d’un empire financier...  C’est bien plus vicelard et sournois mais nettement plus avantageux et tout ça, en col blanc, sans salir ses bottes.

Page du 25 mai 2020 jour chez le gros Jeannot
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