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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 30 août 2020 jour de galanterie affirmée...

Denis Vallier

      La discrimination positive et la politique des quotas possèdent quelques vertus mais elles entraînent un dilemme : discriminer pour lutter contre la discrimination n’est-il pas discriminatoire ? C’est sans doute pour cela que la France en use peu mais cela ne l’empêche pas d’appliquer ce principe paradoxal à la moitié de sa population en imposant la parité à tous les niveaux de notre représentation politique. Je veux bien croire que c’est uniquement par galanterie…Si la parité appartient au domaine de la loi, la galanterie devrait rester dans celui des mœurs. À l’évidence, la lutte pour l’égalité a fait reculer la galanterie mais dès lors que nous l’interprétons comme indifférenciation, la galanterie devient une forme de résistance pour les vieux grigous de mon acabit. Je suis et resterez galant… Oui, les hommes et les femmes sont indéniablement égaux et cette égalité est une victoire du féminisme. Au travail comme au foyer, les guerres ont ouvert aux femmes des bastions jusque-là masculins et vice versa. Mais nos différences sont une richesse, il n’en reste pas moins qu’il nous faut défendre le droit à la différence à la condition que cette différence ne deviennent pas l’alibi d’une nouvelle inégalité. Elles peuvent se tatouer à leur guise en faisant ce qu’elles veulent de leur corps mais ce n’est pas en se mettant des prothèses mammaires et des piercings à tous les étages que la femme deviendra l’égal de l’homme.

      Comme on pourrait trouver un soupçon de racisme négatif dans la discrimination positive, certains et certaines pisses-vinaigre supposent la galanterie misogyne. Dans notre imaginaire, la France se voit comme la Patrie des femmes alors que nous ne leur avons "accordé" le droit de vote que très tardivement. Il n’en demeure pas moins qu’avant cette respectable égalité, la galanterie était comprise chez nous comme la visibilité heureuse du féminin, un arrière-goût de flirt respectueux même avec une femme de 90 ans ou une prostituée. Y voir là de la misogynie est une vision de pervers qui retire tout charme à l’existence. Y voir une concession de la force à la faiblesse c’est oublier que les femmes ont toujours joué chez nous le rôle de juge des compétences masculines de tout ordre : par exemple et puisque nous y sommes encore un peu sensibles, avant que les frères Goncourt, les pires misogynes qui soient, n’y mettent leur grain de sel, les poètes et musiciens ne présentaient-ils pas leurs œuvres dans les salons où des dames, souveraines du bon goût et de l’érudition, faisaient et défaisaient une réputation ?

      Au jeu de la séduction, les luttes sont farouches. Il va de soi que la galanterie marque une inégalité mais elle ne saurait être la supériorité de l’homme qui se dissimulerait, c’est au contraire, par la célébration de ses atouts, la reconnaissance du pouvoir féminin libre de choisir de se laisser séduire ou non.

Page du 30 août 2020 jour de galanterie affirmée...
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