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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 11 novembre 2020 jour sans, faute de mieux...

Denis Vallier

Etre amoureux, les yeux dans les yeux, les papillons dans le ventre, les hormones en folie… vous vous souvenez ? Que c’était bon… On est heureux rien qu’à regarder l’autre, on ne souhaite, on n’espère, on n’attend  qu’une chose, sa présence. Il nous faut sa peau, son contact, ses mains, ses yeux, sa voix, on ne veut que son bien-être, on ignore ses défauts, on les trouve même charmants. On ne veut plus former qu’un, un mélange, un ensemble, avoir des enfants ensemble et puis on se marie… Par rapport aux millénaires de contrôle familial, le véritable mariage d’amour est un phénomène relativement moderne. À notre époque, le hasard a beaucoup plus d’influence sur notre reproduction et c’est plutôt une bonne nouvelle pour notre espèce. Une rencontre improbable de deux trajectoires erratiques, c'est le destin, ou bien est-ce deux sous-ensembles qui se figent soudain, au détour du hasard ? Le hasard concocte des rencontres qui ne sont pas des rendez-vous comme il fait parfois rater des rendez-vous au profit de rencontres ... Mais au fait, pourquoi toi ? Pourquoi moi ? Pourquoi m'aimes-tu ? Ou, plus finement, sans demander son reste, pourquoi m'as-tu aimé ? Parce que l'amour est un travail organique et mental... Parce ce qu'on s'est rencontré et qu'il s’est mis à pleuvoir. Parce que… heu…faute de mieux…

Oui, faute de mieux, improbable, inabordable, pas disponible, abstrait, pas là, ici et maintenant ou trop tard. Parce qu'on a mis cette rencontre dans la durée faute de mieux et que l'aventure cohabitale, est un chemin faisant. Parce que ce mieux est ce qui mijote entre nous, n’est-ce pas ? Tu n'es pas suffisante à mon désir mais nécessaire à mon plaisir. Tu n'es pas suffisante à mon histoire mais nécessaire à mon avenir. On s’aime par hasard, pour un regard au-dessus d’un masque que l’on croise, où l’on a cru lire un peu d’intérêt et des ouvertures vers un autre possible. Par un choix continu, on transforme ce hasard en destin et en nécessité. C’est la rédemption du hasard en parvenant à vouloir ce que l’on a. Et comme, bien souvent, on s’aime soi-même énormément, si quelqu’un vous apprécie, on l’aime aussi par conformité de goût… Autre chose de plus sordide ? C’est toujours possible : je crois bien que ce soir-là nous étions bourrés. La cuite porte mauvais conseil. La promise cuitée fonce tout droit dans le mariage et on ne découvre l’autre que quand le voile se lève et que tombent les masques…

Page du 11 novembre 2020 jour sans, faute de mieux...
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