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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 28 novembre 2020 jour des beautés passées...

Denis Vallier
Clair obscur... La nuit ronge la beauté...

Clair obscur... La nuit ronge la beauté...

Plus on est à gauche, plus on est beau dans les albums rangés par ordre chronologique qui se tiennent l’un l’autre sous la poussière. Que la jeunesse est belle… mais…"si tu t’imagines… fillette… fillette…  Xa va xa va xa … va durer toujours…la saison des za… saison des amours…  ce que tu te goures…". L'aiguille a tourné, les roses se sont fanées comme le prédisait élégamment ce vieux grigou de Ronsard. Le miroir où tu étais si belle, usé par tant d'années, s'est terni… Qui donc est cette femme, pleurant ses cheveux blancs?… Est-ce toi qui te souviens de ton passé troublant ? Pourquoi le bonheur, oiseau migrateur, ne fait-il que passer ? La cruauté de la voix grave et suave de Juliette s’instille au goutte à goutte. Elle insiste sadiquement sur notre déchéance physique encore plus douloureuse et injuste quand on est une femme. Car si un homme doit être fort, une femme doit être belle depuis des milliers d’années, sinon….sinon quoi ? Elle est à descendre au sous-sol ? C’est inscrit sur le vent mais c’est ainsi et profondément injuste… Comment être heureuse quand on est une femme ? Finalement, on perd moins à être moche tant les mentalités évoluent peu se dit chaque matin Brigitte Bardot.

En étudiant "La nature des choses", Lucrèce avait déjà constaté il y a fort longtemps qu’"au cœur même de la source des plaisirs, jaillit quelque chose d’amer qui, au sein des délices, vous reste dans la gorge"… On s’en fiche ! Carpe diem… insiste Ronsard. Que la source ne tarisse jamais !… Allez, un petit whisky et ça passera. Le bonheur est un objet impossible que l’on voudrait entre ses mains, une estampe d’Escher à vous faire tourner chèvre, ça ressemble à avoir conscience de ce que tu as juste avant de le perdre et c’est en même temps prendre le meilleur et réaliser qu’on a échappé au pire. Être heureux, c’est parvenir avec talent à devancer le moment où on cessera de l’être mais c’est en même temps remplacer le bonheur par l’inquiétude anxieuse du moment où il ne sera plus du tout. L’un ne va pas sans l’autre. Puisque le bonheur est si fugitif qu’il en est illusoire, l'amour ne serait-il pas malgré tout une des rares choses qui permettent de s’en approcher et de supporter la vie ? Avec l'humour, bien sûr ! Peut-être parce qu'alors, on ne se mouche plus dans l’absolu, on compose, on fait "avec soi", et pas seulement "pour soi".

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