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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 7 novembre 2020 jour des pigeons...

Denis Vallier

« Cet homme me semblait respectable et mûr pour saisir le sens du monde, mais lorsque je vis sa femme, le monde me sembla une demeure pour les insensés. Je voudrais que le monde fût secoué de convulsions quand je vois un saint s’accoupler à une oie. Tel parti comme un héros en quête de vérité et il ne captura qu’un petit mensonge rare. Il appela cela son mariage. Beaucoup de courtes folies, ce que vous appelez l’amour. Et votre mariage met fin aux courte folies par une longue sottise… ». Nietzsche est intarissable sur le mariage, moi itou.

Chacun ses goûts… j’aime la purée, j’adore la purée, je la considère comme le sommet de la gastronomie, mais je ne me vois pas écraser mes patates et en manger à chaque repas jusqu’à la fin de mes jours… et pourtant, jour après jour, je suis avec la même femme depuis des décennies. Le mariage est cette institution culturelle qui s’oppose à notre nature et fait de nous des pigeons bagués. Il sert à canaliser dans un conduit officiellement désigné et dûment estampillé nos pulsions reproductives, sources perpétuelles de conflits. Aux dépens de bien des plaisirs, il tente d’enfermer dans "une prison d’amour et sa belle geôlière", notre instinctive recherche de gênes exotiques, gage d’une saine descendance. Le brassage des patrimoines génétiques est à l’intérêt de notre espèce, il permet l'apparition d'individus nouveaux ce qui multiplie les possibilités d'adaptation au milieu. Il nous faut donc multiplier les tentatives. Compte tenu du court temps d'ovulation de la femme, le zèle masculin est donc nécessaire à notre espèce. Ignorant le moment précis de cette ovulation en absence de signal évident, l'homme, en bon bourrin, a dû fournir plus qu'il n'est besoin. On ne va quand même pas le lui reprocher ! Eh bien si… Du coup, la fidélité devient une vue de l’esprit au grand dépit de nos zizis. En même temps elle est un beau cadeau puisqu’elle démontre que le sentiment amoureux demeure plus fort que l’instinct.

Le mariage est un défi lancé au temps qui fait et défait. Pour le relever, pour que le mariage dure, pour qu’il réussisse, c'est-à-dire pour y vraiment goûter comme à ma purée, il faut être capable de se remarier chaque jour,  de chaque jour se redire "oui" et ce n’est jamais évident. Alors, un conseil… vous mariez pas les filles, ne courrez pas ce risque. Restez plutôt chez votre papa, ayez un amant, ou deux, ou trois....mais vous mariez pas les filles, vous mariez pas... Vous n’êtes plus obligées. Au pire, respectez au moins le vieil adage "les bons cons font les bons maris".

(Dessin de Reynolds)

(Dessin de Reynolds)

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