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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

page du 13 décembre 2020 jour des montagnes de fromage...

Denis Vallier

Notre sac de peau nous dérange aux entournures, nous acceptons mal nos limites. Nous nous imaginons pouvoir les dépasser avec beaucoup de volonté, de courage, d’audace et par l’effort et le travail. Nous ne pouvons pas nous contenter d’apprécier le sol sous nos pieds, il nous faut voler parmi les étoiles parce qu'en nous, notre conscience veut tout englober, tout penser ce qui est pensable et ce, dès l’enfance, avant même que se constitue le langage. Enfants, nous cherchons à comprendre où nous sommes tombés, nous partons en quête d’une cause initiale qui englobera l’univers comme on prend le large sur un frêle esquif… Horizons fuyants de nos vies si fragiles suspendues au temps sur des mers démontées… vous effrayez nos âmes juvéniles et nous  tombons à genoux… Une divinité sans nom et sans même un prénom a dû alors germer dans notre jeune esprit et ce premier dieu est resté planté là, il n’est jamais reparti, jamais fait homme, jamais mis en croix : il était la forme cosmique de notre univers lui aussi sans nom, sans naissance et suivant ses propres lois. C’est cet embryon d’univers en nous qui est demeuré comme le premier mystère du temps. Il a peut-être même précédé notre conscience et l’inquiétude d’une perte continuelle et irrévocable de ce qu’emportent depuis, les secondes et les années. Premier dieu enfantin, rose et nu, à qui nous n’avions jamais imaginé d’existence extérieure puisqu’il faisait partie intégrante de nous-même et qui, malgré les habits qu’on lui a prêtés depuis, est resté l’interlocuteur unique de notre vie. Par lui nous savons l’abolition du temps et la sauvegarde de ses qualités que nous pensons justement être la substance permanente et constamment immédiate de notre âme. Puisqu’on nous l’a répété mille et mille fois, nous avons bel et bien une âme immortelle rattachée à l’âme universelle… à force, ça finit par entrer. Et ses premières paroles sorties du brouillard ou de la danse perpétuelle des poussières dans le rayon de lumière, furent : "Viens, éveille-toi ! Je suis celui par qui le temps ne passe pas, tu es et sera toujours toi, toi et encore toi, petit veinard…". Et nous, pendant un bref instant, le temps d’une vie, nous le croyons et comme Saint-Augustin, nous en faisons des montagnes molles et tout un fromage…

(- Voilà ce que c’est de lire d’un peu trop près les commentaires de Saint-Augustin sur des écrits de Saint-Paul parlant de Jésus : "Montus coagulatus, montus fermentatus", une montagne de fromage en quelque sorte et Salvador Dali, le mystique suprêêêême qui a toujours l’oreille qui traîne pour ce genre de fadaises, a sauté sur le morceau, la moustache frétillante comme le renard de la fable. Il en a fait des montres molles où dégoulinent les secondes et les années)

Tableau de Dali: "La persistance de la mémoire" devenue "Les montres molles" pour le grand public...

Tableau de Dali: "La persistance de la mémoire" devenue "Les montres molles" pour le grand public...

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