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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

page du 15 décembre 2020 jour des bulles de savon...

Denis Vallier

La violence, l’amour et les religions nous précèdent et bercent notre enfance, nous tétons à leurs mamelles. Elles sont constituantes presqu’au même titre que le lait maternel… à une nuance près : le lait maternel est un relais bénéfique élaboré par des millions d’années de sélection naturelle. En nourrissant l’enfant, il lui transmet toute une colonie de microbes, certes, mais aussi toute une série d’anticorps favorables à la survie... Nous investissons une partie de notre jeunesse à nous créer notre petit monde dans un cadre imaginaire et quand c’est fait, nous disposons alors d’un point de vue plutôt instable mais d’un volume où évoluer. Dans ce cadre, nous faisons du neuf à partir du vieux, et entre autre, nous créons, imaginons Dieu selon une certaine vue toute fraîche et pimpante, a priori aussi peu biblique que possible (- mais biblique quand même puisqu’on on a bu de son lait), en mêlant ce qu’on devine à ce qu’on nous en a dit, autrement dit : nous ratatouillons… comme le ferait le Petit Prince. Mais penser l’impensable n’est pas chose aisée même pour des neurones tout neufs.

Nous ne renonçons pas pour autant et puisque notre imagination est si fertile quand on joue aux billes si jeunes, nous pouvons ainsi imaginer un ballon, une bulle de savon dont l’intérieur serait creux et lumineux, et l'espace à l'intérieur de cette bulle serait plein de la présence de Dieu et rajoutons que la paroi même de cette sphère est Dieu. Mais (- c’est là où ça se complique) il n'existe pas d'extérieur à cette sphère (- pas facile d’essayer l'idée de l'espace avant que l'espace soit créé). Simplifions : disons qu’au départ,  Dieu EST et qu'il n'existe rien en dehors de Dieu, pas même le néant : il n'y a que Dieu et disons que c’est ce qu'il en est avant toute création.

page du 15 décembre 2020 jour des bulles de savon...

Tentons avec nos facultés d’enfant d’imaginer la suite : Dieu décide de créer, comme ça, pour voir, sur un coup de… heu… de blues ou je ne sais quoi. Pour cela comme il emplit tout ou plutôt comme il n'y a rien en dehors de lui, il se, disons… rétracte partiellement. Ce n’est pas facile à expliquer… Reprenons notre bulle et disons que cette bulle est pleine de Dieu, et que maintenant Dieu opère une place dans la bulle pour autre chose, une partie de la bulle devient creuse comme une dent. Ce creux ici représente l'absence de Dieu... là où il n'y a pas Dieu : c’est-à-dire le néant puisque Dieu "emplissait" tout. Mais il va de soi aussi que le néant ou son absence ne peuvent être qu’en lui puisqu’il les a créés...

Pour mieux le distinguer, nous placerons Dieu sur une échelle verticale : tout en haut, Dieu présence totale, puis "les cieux" (- présence individuelle céleste où se situe mon esprit au moment où j’en parle et si je prie), puis la matière (- absence de Dieu et êtres de chair entre autres). Dans cette absence de Dieu, l'individu existe justement parce qu’il n'est pas Dieu, mais en même temps il ne peut être devant Dieu que si Dieu est en lui, c’est-à-dire son essence, sa vie éternelle, sa lumière et tout le tintouin. Et c’est là que ça devient plutôt amusant (- si je puis dire) : l’apparition de Dieu telle que l’enfant la raconte ici proviendrait alors du dedans de Dieu comme un serpent qui se mange la queue.

Mais attention comme la matière n'est qu'énergie selon ce qu’on apprend plus tard alors tout n'est qu'illusion. Si bien que l'être de chair qu'est l'homme ne serait qu'illusion momentanée comme toute chose à moins qu’il ait cette vie éternelle en lui pour en faire une exception à l’échelle de l’univers... Chacun de nous a bien plus de chance de gagner au Loto mais il suffit d’y croire… Bon... cette conception juvénile est bien gentille, mais l'homme n’étant en toute probabilité qu'une illusion parmi d’autres, ça devient gênant éthiquement quelque part. C’est avec des loufoqueries de ce genre qu’on en arrive aux mains et que la violence reprend le pas sur l’amour : "tu vois bien, mécréant, que tu n’es rien sans Dieu et donc où est le problème si je te coupe la tête ?"…

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