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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 18 décembre 2020 jour d'espérance...

Denis Vallier
Page du 18 décembre 2020 jour d'espérance...

"Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir"… J’aime ces vieilles phrases toutes faites, elles laissent toujours du grain à moudre… Tuer l’espoir c’est toujours tuer la vie. Plus sûrement que dans une petite voix intérieure ou dans un appel plus violent à un engagement sans réserve, les paroles des prophètes ne trouvent-elles pas plutôt un formidable écho dans notre besoin d'espérance ? Est-ce alors sacrilège de croire que l'espérance est le véritable ressort de la foi comme elle motive les parieurs du Loto ? Les intégristes de tout bord me répondront que oui, croire en l’espérance est sacrilège, et que non, il n’y a pas besoin d’espérance quand on est dans la certitude de la foi. Si vous ne gagnez pas au Loto, c’est que Dieu en décide ainsi pour votre bien. Aucun doute n’est donc autorisé sur la bonté de Dieu, même si sont commis en son nom les pires atrocités et si nous tombent dessus les pires calamités au quotidien. Ils soutiendront que si j’espère hors du cadre imposé, c’est que je doute de la bonté divine et que dans la foi, il n’y a aucune place pour le moindre doute. Douter, ce sera s’exclure de la communauté de la foi… c’est imparable dans un système à cliquet et terrible pour les personnes fragiles.

Pour le croyant, la foi est certitude, et cette certitude repose sur la sensation du divin. Un qualia comme la couleur rouge ou un ressenti quelconque sont difficiles, voire impossibles à traduire et à partager, mais les croyants authentiques sont certains de leurs sensations. Ils ne peuvent envisager être dans une illusion et n’ont pas le moindre doute sur la fiabilité de leurs perceptions… Pour eux, Dieu est amour et les aime comme ils l’aiment et puis c’est tout : quand tu es amoureux, tu n'argumentes pas, tu es autre, transporté et dépendant… À chaque extase, te voilà confirmé dans tes certitudes et toujours un peu plus accro. Point final. C'est particulièrement vicieux, car ils se dispensent ainsi de toute argumentation. Pour ces veinards plongés dans l'expérience de la grâce, la béatitude éprouvée escamote (- parait-il) toute autre source de plaisir et vaut tous les opiums. Elle confère un état de virginité spirituelle à moindre frais. Dans le cas des martyrs volontaires ou non, cette béatitude atténue même la sensation de douleur jusqu'à parfois l'éteindre complètement, en même temps, elle ôte toute empathie et compassion aux kamikazes intégristes.

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