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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 27 décembre 2020 jour de solitude...

Denis Vallier

2020… quel calvaire ! Et à la fin, pour couronner d’épines le tout,  la crucifixion des fêtes masquées, distanciées et protégées… quel moment de solitude… de quoi baisser les bras. Comme le petit Jésus mignon tout plein dans sa crèche qui termine en short sur une croix, on ne choisit pas la solitude, c'est elle qui vous choisit. Elle vous tombe dessus la salope ! On n'y peut rien c'est comme ça. Et tout, chez les braves bêtes grégaires, résonne comme une fuite de soi-même, la fuite du grand méchant loup et du grand néant sous une avalanche de lumières clignotantes. C’est la cavalcade, le galop perpétuel. Mais est-ce de notre faute si par moment la fréquentation de nos "semblables" nous cause une douleur quasi physique ? Et oui, j’en conviens à regrets, comme chacun d’entre nous, je suis une monstruosité de la nature échouée au milieu d’une foule se cachant derrière ses masques, oblitérant ses visages de jouisseurs avides, ses visages usés par la vie, vides, impavides ou pas, ou bien déformés par la haine, la jalousie, la cupidité, ou bien encore paisibles et humains, trop humains. Qu’est-ce qu’un monstre ? À chacun le sien : pour un moineau, un chat est un monstre. Et quand on n’en trouve pas, on se l’invente : le centaure, c’est un mixte d’homme et de cheval, le minotaure, c’est moitié homme, moitié taureau, ils ne sortent pas de la même boucherie. Et chacun d’y aller de sa bestiole monstrueuse qui plie ses genoux en quatre pour prier le dieu qu’elle s’est bricolé… à chacun le sien. Et là-dessus, France Culture qui me balance ces émissions religieuses du dimanche matin… Je ne sais pas où vous avez dégoté le vôtre, mais je n'ai pas eu de chance ou bien je suis trop maladroit, toujours est-il que le mien est le plus bel enfoiré que j'ai connu, il n'a pas de cœur et ne comprend rien au monde, il a tout fait à l'envers. Et vous voudriez que je me prosterne et que je discutaille avec lui ? Alors vos instincts grégaires et vos dialogues avec Dieu, dont je n'ai que faire, vous savez où je me les carre ? C’est bien beau de marcher ensemble, mais vers quel abîme ? Vous ne voyez pas par quelle porte s'est introduit l'absurde ? Être dans le moule, à la mode, me résoudre à partager et à devoir avorter des tourments ? Mais, doux Jésus,  je suis trop pur pour cela ! Trop pur…hé hé… je me fais rire.  Qui n’est pas corrompu ? Je ne lèverai pas la main... Si je m'entoure de mensonges, vais-je échapper à la solitude en récompense ? Ne vous êtes-vous jamais aperçu qu'on n'est jamais aussi seul qu'au milieu des autres ou même pour les plus atteints, avec les autres ? On a besoin de personne pour être seul et je suis personne ! "Je" n’existe pas. Tout compte fait, par rapport à Jésus, je n'ai pas à me plaindre, je suis sans doute l'être le moins seul de cette planète : comme un perdreau de l’année, je suis constamment en compagnie de ma multitude piaillante.

Illustré par Lan...

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