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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 5 juin 2021 jour à Kamloops...

Denis Vallier

Le langage des prophètes de tous poils me hérisse et me blesse. Le Dieu qu’ils nous vendent a fait beaucoup trop de morts et sa seule excuse valable, c'est qu'il n'existe pas tel qu’ils en parlent. Ne pas exister est une circonstance atténuante recevable, elle est même exténuante ou alors, c’est que leur Dieu est jaloux, ou susceptible, en tout cas, imparfait. "Je veux et j’exige d’exquises excuses !" (- virelangue célèbre)... Dieu et les prophètes ont des comptes à nous rendre : la simple idée d’un Dieu immortel a insidieusement instillé l’idée du sacré dans nos caboches de pauvres mortels et l’idée du sacré nous a tué, nous tue et nous tuera encore et encore tant qu’elle se propagera.

De toute façon, tout ce qui est sacré est suspect : Vaches, Terres, Prophètes, Livres, Nations, Cons. Le sacré a largement contribué à répandre malheurs et désolation, guerre et esclavage. Il est culturel, dans nos murs mais hors d’atteinte, lié au passé mais toujours d’actualité. Comment des bisounours peuvent-ils encore sacraliser des évènements présents quand on connaît l’Histoire ? Tout va toujours bien entre l’enclume et le marteau, tout baigne merveilleusement dans la lumière divine qui tombe des étoiles… Sacré, rime parfaite de massacré… Si l’on veut vraiment trouver la lumière, il faut remonter la piste de l’ombre et avoir les yeux en face des trous, c’est-à-dire, en face des charniers de l’Histoire. Et qui tombe à pic pique une tombe : on y a enfoui des montagnes de cadavres pour des disputes théologiques achoppant sur des points de détails d’une bêtise ahurissante, sur des erreurs d’interprétation infimes, sur des histoires de famille aberrantes. Tous ces morts pour des prunes comme au temps de Damas et des croisades !…

Nos charniers n’ont jamais cessé de nous hanter jusqu’à nos jours : les ossements de 215 enfants viennent d’être retrouvés sur le terrain d'un ancien pensionnat à Kamloops au Canada. Des élèves, tous d'origine amérindienne, y étaient scolarisés jusque dans les années 60. Ces enfants séparés de leur famille, étaient amenés de force dans ce pensionnat catholique, où ils vivaient un véritable calvaire. Mal nourris, maltraités et parfois violés comme en ont témoigné des survivants, ils pouvaient même être tués comme le confirme cette épouvantable découverte. Assassiner des enfants !  Le plus vil des crimes… Au nom de quoi ? Au nom de qui ? Où est-il passé le sens du sacré ? Comment les humains peuplant le Vatican du 21ème siècle (- dont les archives sont si bien tenues) peuvent-ils s’endormir après leur prière du soir en ayant connaissance d’un tel crime contre l’Humanité ? Pour expliquer ces disparitions étranges, la Direction catholique de l’établissement prétendait que les élèves manquants s'étaient enfuis… Les morts n’ont même pas besoin de sépulture pour nous hanter.

Je veux bien admettre que les mentalités et les mœurs évoluent, mais nous partageons une mémoire collective et c’est une véritable poubelle qui empeste mon Cahier décharge de son odeur nauséabonde... elle représente en réalité l'inconscience collective passée. Je ne vais pas parler à nouveau de la Shoah qui démontre qu’à un moment donné, les sociétés vivent à un certain niveau de conscience morale collective dont il est très difficile de s'affranchir individuellement. Mais de telles horreurs si proches de nous sont quand même intolérables ! Coupables et complices auront à payer, justice doit être rendue, même post-mortem… L’homme, magnifique et vertueux, n’est qu’un porc vivant et se vautrant continuellement dans son propre lisier. Justement, ces guerres, ces massacres, ces assassinats, c'en est…

En souvenir des enfants de Kamloops...

En souvenir des enfants de Kamloops...

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