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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 14 juillet 2021 jour bien biaisé...

Denis Vallier

Entre affirmer des hypothèses et supposer des vérités, qu’est-ce qui est le plus dangereux ? Le plus constructif?... Par exemple, en multipliant par un milliard la hauteur de la pyramide de Khéops, construite il y a plus de 4500 ans, on obtient précisément la distance Terre-Soleil. Même s’ils en connaissaient un rayon, peut-on affirmer que les architectes l’avaient calculée avec leurs cordes à 13 nœuds ? Si j’affirme que c’était le cas… je parais délirer. Quel est mon intérêt à supposer des contrevérités ? Notre questionnement nous fait honneur mais pour y comprendre quelque chose dans le fouillis complexe où nous sommes tombés, nous avons tendance à simplifier le monde en le catégorisant plus ou moins intuitivement. Mais nous sommes submergés de stéréotypes, de préjugés qui faussent la donne.

Quand une pensée est biaisée, la question devient alors celle des modes possibles de l'équilibre de la connaissance et du choix à faire entre ces modes. Par exemple, on pourrait se demander si, plutôt que le retour en arrière à une position "débiaisée" qui serait antérieure à la faute, il n'y a pas moyen de rêver à l'intelligence rédemptrice de symétries que nous laisserions vivre au-delà de notre horizon de surveillance en acceptant de nous faire biaiser à tours de bras… Une sorte de saint esprit bienveillante veillerait sur nous  et nous autoriserait, pourvu qu'on la laisse ensuite s'exercer, le saut latéral de branche en branche dans l'arborescence des biais possibles, sans avoir à repasser par la racine. Nos erreurs ne finiraient-elles pas par être compensées par d’autres et le chemin ne pourrait-il pas redevenir le bon, cahin-caha, sans abattre l’arbre ? Ma poésie ne vaut-elle pas tous les raisonnements les plus rigoureux ? Biaisé pour biaisé, autant profiter de la vue…

Ceci dit et sous cet éclairage rédempteur mais sans doute trompeur, revenons à nos lointains cousins égyptiens qui adoraient la lumière et non le Soleil comme on se l’imagine trop souvent : avant qu’on ne le déplace, le temple d’Abou Simbel était orienté vers l’Est de telle façon que deux fois par an (le 21 février, jour de la naissance de Ramsès II et le 21 octobre, jour de son couronnement), les rayons du soleil levant venaient illuminer dans la dernière chambre du temple les statues des deux dieux Amon-Rê et Rê-Horakhty ainsi que celle de Ramsès II. Seule une statue restait toujours dans l’ombre : celle de Ptah… un dieu funéraire. Sommes-nous en mesure d’admirer in situ la finesse d’observation, la profondeur de vision et la puissance de calcul des concepteurs comme m’y invite ma poésie ou bien ce ne sont que coïncidences multiples et heureuses ? Il serait clair et transparent, mais qu’il serait triste un monde dépourvu de toute magie…

Page du 14 juillet 2021 jour bien biaisé...
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