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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 22 juillet 2021 jour des grands naïfs...

Denis Vallier
Photo par la talentueuse Cristina Garcia Rodero...

Photo par la talentueuse Cristina Garcia Rodero...

Mains jointes et les yeux levés au ciel, notre front est un autel où nous posons en équilibre nos statuettes, nos ciboires, nos croyances, nos superstitions… au premier cahot, l’encombrant fatras s’écroule… mais peu importe on rebâti inlassablement le château de cartes. Dernières nouvelles du front : ma migraine est passée ! Même si je considère comme beaucoup moins dangereux de passer sous une échelle sans doute cancérigène que sous un train, je peux redresser la tête, mais pas trop. Au 21ème siècle, nous sommes encore plongés en pleine superstition comme en plein Moyen Âge… la patte de lapin, ça porte peut-être encore bonheur, mais pas au lapin et si les sorcières avaient tant de pouvoir qu’on le dit, pourquoi étaient-elles vieilles, moches et brûlées vives ? En plus, on les achevait à coups de pelles pour les éteindre. Et pourquoi les voyantes ne gagnent-elle pas plus au Loto que toi et moi et ne décrochent-elles pas le téléphone avant qu’il ne sonne ? On continue à croire à tant de choses…

Croire, c'est adhérer à ce qui n'est pas démontrable. Croire, c'est affirmer alors qu'on ne sait pas. Croire, c'est répondre aux questions existentielles petites et grandes par des vérités qui n'en sont pas. On croit à n’importe quoi, aux anaphores de François Hollande, aux théories QAnon, aux adorateurs de Satan pédophiles, au complotisme, aux vérités alternatives de Trump, comme on croit en Dieu. On en vient à se demander si cette stupidité n’est pas une donnée de l’évolution : la confiance en l’autre nous aurait permis de nous constituer en groupes et de durer (- puisqu'il est plus facile de rester grouper) et donc obtenir l'adhésion des individus à notre survie collective et finalement d’en réchapper quand les sceptiques disparaissent. Ne subsisteraient ainsi prioritairement que les naïfs, les pauvres d’esprit et leurs dirigeants… les temps peuvent-ils changer ? Hum… L’Idiocratie est vraiment en marche…

Au passage, je ne cherche pas à comprendre la foi et ces choses qui adviennent mystérieusement quand notre imagination est en grande forme mais je me voudrais compréhensif tant que cela demeure dans la sphère individuelle : les mystiques sont souvent des gens sensibles et simples vivant une expérience intérieure qui n’a pas besoin d’être comprise : elle est béatitude et ravissement. Ils l’apprécient, ne mettent même pas de mots dessus et la nécessité de comprendre s’estompe. Dès qu’ils en parlent, le charme est rompu. Moi-même, il m’arrive plus souvent qu’à mon tour d’être dans des états seconds et d’écrire des choses que je sens sans bien les comprendre et sans pouvoir les formuler clairement. Et ça n’a rien d’un manque… au contraire : s’en extrait une poésie et c’est toujours une joie. Et donc, que la joie demeure !

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