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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 27 juillet 2021 jour de crise de foi...

Denis Vallier
Photo de Cristina Garcia Rodero - Haiti 2002

Photo de Cristina Garcia Rodero - Haiti 2002

"Vous finirez mal disait l’Andalouse à son jardinier imberbe, un jardinier qui sabote les pelouses est un assassin en herbe !"… Il est risqué de présumer, mais ce qui est sûr, c’est que la vie est courte… On s’endort beau et jeune et au matin, on est toujours aussi jeune mais on se retrouve dans une peau toute fripée et doté de fanons et d’un bide de capucin… Du coup,  Raymond Devos, grosse bedaine mais fine mouche, en a fait des chansons courtes : "Se coucher tard… nuit !... On ne peut pas faire plus concis… Si !... On peut faire : nuit !"…  ou bien encore "C’est une vie de moine racontée par lui-même : il était une foi, la mienne !"... Il savait que tous les contes de fée commencent par "il était une fois". Et d’ailleurs, pourquoi pas deux fois ? Trois fois ? Dans ce domaine irrationnel, tout est possible et l’on comprend un peu mieux ce qui s’y passe quand les neurosciences s’en mêlent : chez les croyants (- les antiseptiques de Devos) les zones du cerveau actives quand ils pensent à Dieu ou à eux-mêmes sont identiques d’après des études récentes. C’est légèrement embarrassant pour la communauté des croyants… Cela indique que la foi ne s’embarrasse pas d’objet, avoir foi en qui ? En quoi ? En soi suffit. Elle se mord la queue. L’essentiel est d’avoir la foi, point-trait. S’il est un domaine de l’intime et de la subjectivité, c’est bien celui-là…

Je n’ai malheureusement pas le pouvoir de synthèse d’un Devos, mes dithyrambes ont besoin d’espace… Eh bien donc, selon Devos, il était une foi mais c’est un peu court... Une foi solide comme le roc mais tranquille et douce, sereine et gentille. La foi en question allait de par les rues et les champs quand, tout à coup elle se prit de plein fouet un coup de vent, une bourrasque, carrément une tempête, un ouragan, quelquefois, appelé tornade quand ce n’est pas cyclone. Que ta barque prenne l'eau ou pas quand les éléments se déchaînent, les vagues par mer en furie, c'est terrifiant, elles entrent de tous bords, de tous côtés et elles finissent par t'envahir et te chavirer le dedans. La foi, c’est pareil… tout va bien au fond des cavernes noires et sombres, tout parait calme en surface, mais au moindre doute, au moindre haussement de sourcil, tu as les yeux exorbités, tu postillonnes, tu te jettes sur l’impie en d'horribles grimaces et hurlements effroyables à faire dresser les cheveux aux limaces. Et ta foi se retrouve crise de foie, planquée, bien au creux du ventre mais avec des peurs et des colères, des soubresauts de colère à rendre bile et viscères. Ce dont il ne se prive pas, le foie. Il était donc une fois une foi devenue crise de foie. Et dire que certains malheureux souffrent de ces tortures toute leur courte vie…

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