Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 9 juillet 2021 jour des monstres...

Denis Vallier
Page du 9 juillet 2021 jour des monstres...

Un monstre, ça se combat et s’élimine… à quoi ça sert de l’étudier ? De toute façon, il sera toujours plus facile de haïr et de mépriser le mal que de le comprendre. Pourtant, personne ne nait "mauvais", ni le voleur, ni l’assassin, on le devient : le Diable lui-même était un ange déchu, il était juste un peu trop curieux. Mais parfois, à force de traîner en enfer, la seule issue que l’on ait est de s’enfoncer encore plus profondément dans les flammes pour espérer en sortir.  On pourrait donc en déduire provisoirement que le terroriste, cet être abominable qui entraîne des innocents dans sa mort, n'est pas tributaire de ses gènes, que le fanatisme n'est pas inné mais le produit d’une spirale diabolique. Et cette descente aux enfers passerait par des mécanismes complexes, avant tout psychologiques (- processus d'identification inconsciente à une image de "salut"), mais également socioculturels (- recherche collective et violente de la réalisation d'une utopie sociale). Très souvent, elle est aussi le résultat d’un conditionnement réussi qui nécessite des moyens et toute une organisation.

On pourrait encore ajouter comme Reich le ferait, que, derrière les comportements fanatisés, se dissimule un désir inconscient d'identification narcissique et absolue à un idéal perdu (- revendications de la "pureté" face à la pourriture ou d'une régénération morale face à une "décadence"...). Cet idéal (- idéal du Moi, image du Père, image de Dieu ?) malmené par "les bruits et les fureurs de l'Histoire", tenterait alors de renouer avec ses sources et retrouver des forces vives de manière instinctuelle et pulsionnelles. L’idéalisme viendrait s'exercer sans aucune censure ou répression dans le premier groupe venu et l'idéologie la plus proche. L'angoisse à vivre conjuguée aux difficultés matérielles et économiques et à l’effet de groupe, constitueraient donc des ingrédients indispensables pour devenir une de ces bombes à retardement fanatisées qui nous explosent à la gueule périodiquement…

Mon analyse est peut-être un peu trop simpliste et caricaturale mais elle m’invite à admettre que le fanatique, s'il s'oppose à l'esprit de liberté, de tolérance et de recherche de la vérité qui anime la pensée rationnelle et la philosophie, ne peut pas être considéré pour autant comme un être simplement rustique et purement irrationnel et donc quantité négligeable. S’il me paraît un peu trop simple de haïr les extrémistes extrêmement, c’est que, d’un autre côté, je n’aime les modérés que modérément : je n’ai rien d’un modérateur modéré. Mais au final, qui suis-je pour décider des critères du fanatisme ? Car celui qui prétend opérer cette distinction ne peut-il pas être aussi bien considéré comme un anti-fanatique fanatique... et ainsi de suite ? Décidément, tout ce que nous entreprenons sur cette planète frise le ridicule, mieux vaut en rire…

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commentaires