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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 16 septembre 2021 jour de la scolastique...

Denis Vallier
Page du 16 septembre 2021 jour de la scolastique...

Parfois, le spectacle de désolation que m’offrent les fous de Dieu me rend triste, ma raison se désespère devant tant de mauvaise foi. Et quand je suis triste, je chante… car je chante si faux que cela me réconforte de constater que ma voix est bien pire que mes préoccupations… Je ne suis pas seul à chanter faux, alors je HURLE en tapant très fort sur ce piano ! Mais je m’efforce de hurler juste car il n’y a qu’en hurlant juste qu’on a une petite chance de faire taire ceux qui chantent faux.

Par le travail de son hurlement, l’écriture sous toutes ses formes rééquilibre notre monde bancal. À l’occasion, quand elle se lève contre les fous de Dieu, elle alimente le vieux duo métaphysique "raison contre foi", autour duquel s’est constituée jadis la scolastique. Cette science du merveilleux avait l’ambition de réconcilier la théologie fabuleuse et la philosophie grecque. C’était en fait tout un art et cette technique de l’exploration, de la digression, de la divagation, était donc une science de l’homme avant l’heure. Au Moyen-âge, elle vous invitait à construire un discours critique et théorique (- en tenant compte des avancées de ce qui tenait lieu de sciences humaines et sociales dans les autres cultures), sur la formation d’un esprit ouvert sur le monde qui nous environne… mais elle admettait sans difficulté que le discours demeurait interprétatif puisque la subjectivité de l’interprète était fortement impliquée. En tant que science de l’époque, cette philosophie professait que rien n’est jamais acquis et c’était tout à son honneur… Ce qu’on nomme actuellement les sciences humaines ne s’intéressent en creux qu’aux manifestations de notre esprit, qu’à son être dans le monde, pas à ce qu’il est vraiment. Les progrès d’exploration des neurosciences nous permettent d’en savoir beaucoup plus sur notre fonctionnement mais ne nous informent en rien sur ce que nous sommes… et pourtant, nous sommes bel et bien là et depuis longtemps.

De nos jours, si la scolastique si décriée et la psychanalyse contestée s’alliaient pour s’interroger sur la formation même de ce lien au monde, cela formerait un attelage certes hétéroclite, mais sans doute prolifique en joyeusetés. Mais nul besoin d’être grand clerc pour savoir que nous sommes faits d’eau salée et de quelques convictions et que raison et foi (- que le Vatican cherche toujours à concilier), n’ont jamais fait bon ménage malgré toute l’astuce et les arguments de Thomas d’Aquin : si l’on est croyant, on ne vit qu’une foi en attendant mieux, tandis que pour les autres, c’est une seule fois et ils n’ont guère de temps à consacrer à toutes ces élucubrations. Il est toujours bon de retenir des leçons de l’Histoire, mais balayons tout… du passé faisons table rase, repartons à zéro et, chacun sur son esquif,  embarquons-nous pour participer à l’aventure commune en apportant sa touche personnelle à la manœuvre : il y a là de quoi nous occuper toute une vie… "Franchement, on a autre chose à faire qu’aller se les geler sur ton glaçon !" me répondriez-vous en levant le nez de votre portable…

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