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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 23 octobre 2021 jour des Indiens...

Denis Vallier
(Dessin d’Unger : ils ont soigné mon arthrite…)

(Dessin d’Unger : ils ont soigné mon arthrite…)

Dans les vieux westerns de notre enfance, les Indiens étaient présentés comme des brutes sanguinaires, dont le seul but était de scalper les pauvres petits blancs innocents. Quand on est enfant, on sent bien qu’il y a quelque chose qui cloche mais on l’admet sans discuter, on prend tout le package qu’on nous fourgue même s’il arrive qu’on puisse prendre fait et cause pour les "Indiens"…  En grandissant, on réalise que avons détruit leur race, prescrit leur culture, renommé leurs belles terres et alors, alors seulement, quand il n’en restait plus que quelques épaves alcoolisées, nous les avons considérés avec une nostalgie mythifiée, romantique, sous couvert de l’art, de la littérature et des bons sentiments… Leur ancien mode de vie est devenu un modèle écologique mais qu’importe, c’est trop tard, leur monde est devenu notre "nouveau monde".

"La grandeur du crime est la seule différence qu’il y ait entre un conquérant et un brigand" assurait Marat qui fut journaliste. Depuis que le monde est monde et que les puissants nous piétinent, la manipulation des opinions passe par un contrôle de l’information et une maîtrise de l’Histoire : de tout temps, celle-ci a été écrite par les vainqueurs à l’avantage des familles des castes nobles et de la soldatesque. De nos jours, c’est au profit des fonds souverains, des fonds de pension américains ou de quelques consortiums : les médias sont entre leurs mains. Elle ne se réécrira qu’avec le temps… beaucoup de temps…  Au moyen âge, les chroniqueurs n'ont relaté que rarement les faits avec exactitude : on a beau faire des recoupements, il n’est pas facile d’en dégager la réalité des faits. Même si on s’approche au mieux de la réalité, l'Histoire est un tissu d'hypothèses vraisemblables qu'on tient trop facilement pour vérité car elle a toujours eu cet inévitable rapport privilégié avec la puissance politique. Son écriture et son enseignement (même de nos jours) ne furent jamais sans arrière-pensées idéologiques... Les idéologues  et les candidats aux élections un tant soit peu érudits n'apprécient l'Histoire que dans la mesure où ils peuvent la détourner à leurs fins. Suivez mon regard…

Que reste-t-il aux "Indiens", aux "migrants", aux soumis, aux vaincus ?... Il ne leur reste que leur culture et la détruire est un crime contre l’humanité : se couper de son passé millénaire est une amputation inhumaine. Écouter se plaindre les amnésiques : la perte de son passé est une tragédie. Ils ont droits à leurs racines eux-aussi…  Si on vous prive de votre passé, on vous enlève tout futur : on ne peut le construire qu’à partir de ce que l’on a. Nous avons, tout un chacun et qui que nous soyons (- gaulois, blacks, beurs), en France comme ailleurs, un besoin de continuité, un droit à la continuité cristallisé dans toutes les dimensions de notre culture personnelle mais dans le respect des autres. C’est dans l’idée d’enrichir la communauté, jamais  de la détruire ou de s’en isoler : une culture n’est jamais fixée, elle est toujours vivante, poreuse et en mouvement. Il y a moyen d’échanger et de vivre ensemble mais bien sûr si l’autre le refuse et vous en empêche par son intégrisme, cela pose problème… Si nous n’avons aucun droit d’imposer notre vision du monde à qui que ce soit, nous n’avons pas non plus à accepter de la voir disparaître sous une pression violente et intégriste. En tout cas, cela reste un problème à résoudre dans l’équilibre sans en appeler à la haine et à la violence mais ce ne saurait constituer l’essentiel d’un programme électoral… pourtant, c’est devenu le thème le plus vif de cette précampagne présidentielle…

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