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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 23 novembre 2021 jour de nuit noire...

Denis Vallier
Quelques nuances sombres...

Quelques nuances sombres...

Quand on est perdu dans la nuit, désorienté, qu’on ne sait plus où aller, quand le cœur est en souffrance, accablé par trop de peines et de malheurs, quand le ciboulot submergé d’absurdités, surchargé de questions sans réponse, ne suit plus, on prie dans des fumées d’encens en levant les yeux au ciel… mais il n’y a que du vide entre les étoiles. La disparition de Dieu en tant qu’horizon de nos pratiques et de nos pensées, ne doit pas être comprise comme le simple effacement d'une idole (- ce qui, au fond, ne nous affecterait pas tellement), mais comme un événement qui engage de fond en comble notre condition humaine. Il s’agit d’affirmer notre humanité par une voie différente, ou, si l’on veut, d’approfondir notre être sans renoncer à rien. Mais au passage, il nous faudra compenser la disparition des vertus religieuses car, même si on en pense pis que pendre, les religions en sont porteuses : les valeurs chrétiennes, par exemple, sont hautement respectables en elles-mêmes et chaque religion a les siennes...

Et bien sûr, après l’avoir gommé, il faut réécrire la Loi : la laïcité doit suivre, l’État n’a pas à se soucier de sauver des âmes aussi fumeuses soient-elles, il a déjà assez de mal comme ça à gérer la dure réalité. Si par chez nous Dieu n'intervient plus dans nos choix collectifs, c'est que nous l'avons écarté de la sphère publique. Forcément pour le meilleur mais il nous faut éviter que ce soit aussi pour le pire : dans notre solitude, poussés dans le désespoir d'une vie hasardeuse sans personne sur qui s’appuyer, impuissants, nous risquerions d’abandonner la quête des valeurs qui se rattachent à la vie.

Les religions qui ont causé tant de dégâts dans les esprits et fait couler bien plus de sang que  d’encre, quand elles sont non dévoyées ou instrumentalisées, ont au moins pour vertus l’apaisement, le réconfort, surtout au moment de la mort d’un proche. Mais ce ne sont plus les seules panacées à disposition car de nos jours, on peut trouver de l’aide auprès de professionnels de santé bien formés. La religion se croit suprêmement efficace mais je pense qu’elle se surestime : en fait, elle est un piètre thérapeute en nous berçant dans l’illusion d’une vie après la mort : nos aïeux ne survivent que dans nos souvenirs et c’est déjà beaucoup. Elle aurait beaucoup à apprendre de la gestion de la mort en observant ce qui se passe dans des sociétés africaines encore préservées par exemple, elle y est nettement plus performante. Là-bas, les cérémonies respectent un calendrier bien mieux synchronisé avec nos rythmes internes. Elles sont bien sûr associées à des croyances archaïques elles aussi, mais cela fonctionne remarquablement. Ce processus bien rodé est manifestement le fruit d’une observation bien plus fine que la nôtre. Il est vrai que de longues dates, la mort y est bien plus présente au quotidien mais partout sur Terre, c’est toujours le même cri à l’annonce de la mort d’un proche…

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