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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 29 novembre 2021 jour d'euthanasie divine...

Denis Vallier
Affiche de " Dieu est mort et moi-même je ne me sens pas très bien" au Théâtre de la Contrescarpe.

Affiche de " Dieu est mort et moi-même je ne me sens pas très bien" au Théâtre de la Contrescarpe.

Le portable et Google, c’est pratique, mais cela laisse à désirer : l’autre jour, j’ai essayé de joindre Dieu… pas moyen… Eh oui, ça fait un moment qu'il n'entend plus mes appels… on peut se dire qu’il est devenu sourd ou qu’il a de bonnes raisons de garder le silence mais je suis tenté de croire qu’il s’est suicidé. "Croire" à la non-existence de Dieu sans s’appuyer sur les grands nombres est une faute de rigueur et de goût aussi déplorable que la foi elle-même. Mais heureusement pour moi, les dernières statistiques indiquent qu'il y a 99,9% de chances que Dieu n'ait jamais existé. Sur le millième restant, il y a 86% de chances que Dieu soit mort de mort violente et 14% de la Covid… partant de ces 86%, la police creuse de plus en plus la piste du suicide mais elle hésite encore entre la pendaison et l'asphyxie aux gaz à effet de serre. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que, comme le dit Woody Allen, "Dieu est mort, Marx est mort et moi-même, je ne me sens pas très bien"…

Nietzsche considérait Dieu comme une erreur humaine, une grossièreté de la pensée, une goujaterie qui nous interdisait de penser… mais ne parlons pas de Nietzsche car bien avant (- vers 415 av JC), même sans portable ni données statistiques irréfutables, Protagoras s’était déjà fait la même réflexion. Il parait que ce sophiste agnostique fit une lecture publique de son livre "Sur les dieux" dans la maison de son ami Euripide, où il disait qu’en réalité, il ne pouvait pas en dire grand-chose… il est vrai que sa tête était bien trop petite et limitée pour contenir l’infini mais il avait l’honnêteté et surtout le courage d’en convenir… Le précieux Diogène Laërce, une sorte de chroniqueur de l’époque, nous apprend que "c'est à cause de ce discours qu'il fut chassé d'Athènes et que ses livres furent brûlés sur la place publique après que le héraut les eût réclamés à tous ceux qui les avaient achetés"… Comme le chante Guy Béart, "le premier qui dit la vérité… il doit être exécuté"… On le vérifie souvent, il est fréquent qu’une destinée ne tienne qu’à quelques mots un peu trop en avance sur leur temps… Certains disent que Protagoras fut condamné à mort et sauvé par l'intervention de Périclès, en tout cas, il fut exilé d'Athènes. Le même sort fut réservé à Anaxagore ou encore à Socrate en vertu de l'application du très pratique Décret de Diopeithès. On voit que douter de Dieu et n’en laisser subsister qu’un fantôme a toujours été un jeu risqué mais que c’est aussi une histoire très ancienne... l’agonie divine est vraiment interminable, un peu de courage et de dignité bon sang ! L’euthanasie sera un acte généreux et une véritable libération.

Guy Béart nous chante "La Vérité"...

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