Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 11 janvier 2022, jour des grosses têtes...

Denis Vallier
(Illustration par Iulian Sidorencu)

(Illustration par Iulian Sidorencu)

La beauté sauvera le monde… c’est l’espérance laissée par "Le pianiste" de Polanski écrasant les ténèbres sous ses doigts engourdis. La beauté est aussi marchande, chaque année nous suivons avec le sourire l’élection des miss et il est indéniable que les élues présentent des atouts qui en font de belles personnes harmonieuses malgré leur froide détermination à être la plus belle du miroir. Si vous avez la chance d’en croiser une, elle vous fera forte impression mais vous ne serez pas convaincu qu’elle sauvera le monde. Cela pourrait nous faire regretter qu’il n’y ait pas d’élection des plus belles intelligences si, chaque année en France, nous n’avions la particularité d’organiser les concours des grandes écoles… Quelle fierté pour une maman de voir son fils ou sa fille, Polytechnicien ou Normalienne… Là, par contre, la rencontre avec certains des lauréats vous laissera penser qu’ils touchent l’infini en voyageant dans des mondes parallèles à pas de géants et ce mystère vous apportera quelques espoirs…

Si vous leur dites cela, les plus belles intelligences de France et de Navarre ne s’en moqueront pas forcément. L’intelligence véritable est toujours modeste, attentionnée et généreuse, elle sait se mettre à niveau. On les suppose stricts et rigoureux, mais je sais d’expérience qu’il n’y a pas plus fantaisiste et enjoué qu’un scientifique de talent… ça lui est pénible de se prendre au sérieux et tout lui devient jeu : il s’amuse à traduire en axiome tout ce qu’il croise car c’est bien l’axiomatisation sous forme d’ensemble de règles, son intuition puis sa formalisation qui sont à l’œuvre dans ce qu’il fait.

Cela me laisse à penser aussi que certains d’entre nous semblent plus humains que d’autres car pour ma part, j’ai beau m’acharner, mes réflexions me laissent toujours un goût d’inachevé en bouche et plus qu’un doute sur leur pertinence : la seule certitude qui s’en dégage, c’est que je ne suis jamais sûr de rien. Je veux bien croire que chacun de nous, nain ou géant, se hasarde à son niveau dans l’inconnu, échafaude des théories d’après quelques indices ce qui laisse entendre que tout n’est qu’hypothèse… même cette idée d’hypothèse. Je n’ai pas tout-à-fait le même cerveau que ces grosses têtes car le mien est plus fantasque que fantastique, mais en tout cas, une apparente liberté m’offre l’illusion d’errer à ma guise sur des terres vierges, c’est-à-dire de refuser d’aimer servilement mon inconscient et d’échapper poétiquement à tout conditionnement. Que ce soit dans les sciences dures ou molles, je suppose que la poésie doit toujours s’en mêler et jouer les filles de l’air : qu’il soit standard ou exceptionnel, le cerveau de taille finie ne saurait obliger à un résultat fini, une préhension finie du monde.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commentaires