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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 18 janvier 2022 jour de vérité...

Denis Vallier

Tout le monde a des défauts, moi, par exemple, j’ai une jambe plus courte que les deux autres mais je trouve ça plutôt marrant… Par contre, Anna Tyskiewicz, future comtesse Potocka, tentait de cacher de belle manière un strabisme divergent. Talleyrand, le plus célèbre pied-bot de notre Histoire à la démarche boiteuse, connaissait comme beaucoup cette infirmité. Un jour, elle s'avisa maladroitement (- ou malicieusement, allez savoir…) de lui demander : - Comment allez-vous, Prince ? – "Comme vous voyez, madame", tomba sobrement le coup de sabre de Talleyrand toujours aussi impitoyable… Au corbeau de trouver trop noire la corneille…

Nous vivons une époque formidable où plus que jamais, toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, il en est qu’il vaut mieux garder pour soi. Quand la police enquête sur les lieux d’un crime, elle accouche si possible d’une "vérité scientifique" (- du moins dans les séries TV). C’est le signe que, déjà au départ, il n’y a pas qu’une vérité, qu’il y en a autant que d’individus. Elles sont faites d’éducation, d’éléments culturels, de convictions, ou même de mensonges délibérés au service d’intérêts ou de causes. Si Trump n’a eu qu’un seul mérite, c’est de nous avoir fait une magistrale démonstration de post-vérités alternatives, ondulatoires et carrément quantiques. Associées aux fakes news, aux hoax, à l’intox et à la réinformation, il nous a fait participer à un festival orwellien... Le pire dans l’histoire, c’est que la moitié des Américains et une partie non-négligeable de la population mondiale applaudissaient… Après cela, allez dire encore la vérité, toute la vérité et rien que la vérité au tribunal du quotidien.

Tu parles ! D’une part, on l’a vu avec Talleyrand, ce n’est guère aimable et d’autre part, le seul moyen d’être certain de dire la vérité, ce serait d’affirmer haut et fort comme l’aurait fait le chat de Schrödinger, "je mens !". Que je dise toujours la vérité ou non, cela resterait un mensonge fort raisonnable, car, si je ne disais ici pour une fois, la seule vérité vraie dans l’aveu de mes mensonges, qu’aurais-je donc à me reprocher ? De mentir encore en le disant même si je ne mens jamais ? Mais sinon, qu’importe, depuis Max Planck, plus rien n'est vrai… nous vivons une époque où l’on regarde la vérité comme un objet de curiosité, un spectacle d’illusionniste… Comme tout le monde, je peux bien vivre en permanence dans l’erreur sans m’en apercevoir mais pas dans l'incertitude. Or, je n’ai de garantie que sur mes mensonges… et du coup, je ne suis pas toujours de mon avis. Le chat de Schrödinger aussi mort que vif est peut-être toujours dans sa boite ou bien en dehors et même hors de la maison, en tout cas c’est nous qui y sommes.

Le chat de Schrödinger s'est échappé et c'est nous qui sommes dans la boite...

Le chat de Schrödinger s'est échappé et c'est nous qui sommes dans la boite...

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