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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 28 janvier 2022, jour remis en cause.

Denis Vallier

La stabilité, la permanence en toute chose, sont supposées assurer la sérénité, mais l'expectative et la remise en cause, sont-elles forcément angoissantes ? Il faut bien sortir pour naître, pourquoi s’arrêter en chemin ? Au cours d’une vie, il est indispensable d’aller voir ailleurs si on y est… il y a tant de mondes dans le monde et tant de manière de le voir qu’il est indispensable d’en prendre conscience pour relativiser ses acquis et certitudes. Sortir de sa zone de confort, c’est faire un premier pas vers l’indépendance en nous échappant de l’embrigadement, des stéréotypes et de la pensée unique. C’est une sorte de cours de rattrapage que vous accorde l’école de la vie, afin de vous forger un caractère, un état d’esprit… Mais la facilité est si tentante et la lâcheté si commode…Si l’on désire être heureux et éviter de se casser la tête, c’est relativement simple : il suffit de croire. Croire ce que l’on a appris, croire à ce que l’on nous a fourré dans le crâne. Les convictions et les croyances nous éloignent de la vérité bien plus que les mensonges.

Si l’on espère se rapprocher un tant soit peu d’une quelconque forme de vérité, alors il nous faudra chercher, fouiller, défricher et chercher encore. Si une chose est sûre, c’est que les certitudes n’existent que pour les imbéciles… j’en suis convaincu (!) et je n’ai aucune difficulté à me contredire : c’est quand même un sacré luxe de pouvoir changer de chemises comme d’avis. À vue de nez, je devrais d’ailleurs en changer plus souvent… Le problème, c’est que celui qui peut envisager les deux côtés d'une question ne comprend plus la question En fait, ce qui nous empêche ou nous retient de devenir fou, c’est le fait de ne pas savoir, de n’être sûr de rien.

Cela peut paraître présomptueux, mais je crois pouvoir affirmer que je croîs en sagesse : par exemple, l’athéisme auquel je m’adonne, n'est pas une déclaration d'insolvabilité pour le payement différé de mes quelques fautes. Au contraire, je paye l’addition, c’est une croix que je porte. Ce que je crois, c’est qu’à cet instant précis, il n’y a pas d’intelligence absolue, omnisciente, omnipotente, quelque part dans cet univers ni dans un ailleurs inconnaissable. Et puisque l’infiniment grand dépend de particules extraordinairement petites, si l’on cherchait à tout prix à se trouver un Dieu, mieux vaudrait ne pas se tromper de direction : il ne saurait être grand mais au contraire, infiniment petit et sa nouvelle liturgie ne pourrait s’écrire qu’en nombres complexes. Les nombres sont bel et bien là et on ne peut que le vérifier, mais il n’y a jamais eu de mathématicien en chef pour les écrire : ils ne traduisent que de l’information, du temps, de l’espace et du mouvement assemblés, mis en rapports, codifiés, formulés et ils nous ignorent superbement. La nature qui nous a créés est d’une indifférence absolue. Vouloir donner un sens aux nombres participe de la Kabbale et de son ésotérisme, c’est espérer mettre la main sur la séquence définitive, la formule suprême qui englobera toutes les autres… c’est courir après le vent.

Page du 28 janvier 2022, jour remis en cause.
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