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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 8 janvier 2022, jour de réflexion...

Denis Vallier
Page du 8 janvier 2022, jour de réflexion...

Réfléchir face à un miroir n’est pas une très bonne idée, on ne sait plus qui pense quoi… Quand cela m’arrive, j’ai la même concentration que sur les toilettes et je fais la même tête que le ravi de la crèche avec ses yeux de merlan frais… C’est malpoli de parler la bouche pleine, mais quand on a la tête qui se vide, c’est pire… Finalement, peut-être que le simplet n’est pas si idiot que ça, peut-être est-il tout simplement bloqué dans une réflexion profonde et prodigieuse ou perdu au fond d’une mise en abîme dont il ne peut s’échapper ? Si on part de l’idée que de tout temps et en tout lieu, tous les humains, même les moins doués en apparence, sont imaginatifs, espiègles et possèdent une forme d’intelligence unique qui leur est propre, je ne parviens pas à comprendre comment nous en sommes venus de nos jours à nous retrouver coincés sous un carcan conceptuel si bien cadenassé que nous sommes devenus incapables d’imaginer que nous puissions nous réinventer ?… La phrase est sans fin mais la question d’envergure…

Comment avons-nous pu abandonner entre les griffes de puissances d’argent, notre dignité, notre liberté, nos rêves, notre avenir, notre art de vivre, en échange d’un peu de confort, de sécurité sanitaire et d’un tas de gadgets inutiles qui nous distinguent des poulets en batterie ? Les maîtres des pompes à fric qui nous gouvernent en amassant des montagnes de dollars nous font prendre pour de la dignité la soumission à l’ordre et pour de la liberté, le travail à la chaîne. Leur astuce préférée est de nous focaliser en permanence sur nos inégalités qui sautent aux yeux pour mieux nous faire entendre que l’on n’y pourra rien changer… Faire passer cela pour une évidence est la base du système depuis Hobbes et c’est pour cette raison qu’il n’y a pas cinq minutes, j’avais encore le même air stupide que le simplet (- avec le filet de salive en plus) en me disant  que chacun d’entre nous aurait pourtant largement intérêt à ce qu’il n’y ait plus de pauvres sur terre : nous ne serions plus obligés de supporter les gargouillis de leurs ventres, leur odeur de crasse, leurs jérémiades perpétuelles et leurs histoires plus sordides les unes que les autres…

Je suppose que ce n’est guère évident quand on me lit et pourtant mes réflexions face aux miroirs me mènent systématiquement à une simplification de leur objet et c’est assez naturel à ce qu’il me semble. On aurait vite tendance à s’imaginer qu’il ne se passe qu’une seule chose à la fois mais c’est toujours bien plus compliqué. Effectivement, tout ce que je tente de comprendre se révèle multidimensionnel, même un point A planté au milieu d’une feuille blanche… Qui l’a mis là ? Quelle était l’idée ? En cache-t-il un autre ? Dans quel infini s’enfonce-t-il ? C’est bien plus aisément vérifiable quand il s’agit d’humains et de leurs agitations: s’empilent d’emblée une dimension psychologique, une dimension économique, une autre politique, sociale, culturelle, sexuelle, sanitaire, j’en passe et des meilleures… Cette simplification me permet de dégager de grandes lignes dans ce fatras. En quelque sorte, je plisse les yeux comme le faisait mon talentueux ami José Marquez quand il me caricaturait si magistralement. Une caricature, ça saute aux yeux : cet affaiblissement de l’éclairage me révèle souvent des caractéristiques de la structure observée qui se distinguaient mal en pleine lumière.

Mais cette simplification n’est qu’un procédé initial, un passage imposé. Une fois la surprise de la découverte passée, elle ne sera plus de mise : la rigueur et l’effort devront prendre le relais pour développer et étayer… mais c’est une autre paire de manches… et j’ai autre chose à faire : ça piaille dehors, il me faut nourrir les oiseaux...

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