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Cahier décharge Je ne sais pas ce que c'est, je le saurai quand j'aurai terminé. Et j'aurai terminé quand je saurai ce que c'est.

Page du 9 janvier 2022 jour des anti-vax...

Denis Vallier
 (Dessin de Sempé)

 (Dessin de Sempé)

Les anti-vax ont le droit d’avoir peur… mais qu’ils assument leurs contradictions. "Ils ne savent pas ce qu’il y a dedans"… Soit, mais qu’ils soient cohérents et aillent jusqu’au bout. Ne pas savoir ce qu’il y a dedans ne les empêchent pas de fumer tant et plus, de boire du coca ou de manger des kebabs… Ils ne savent pas plus ce qu’il y a dans la cabine de pilotage quand ils prennent le métro, le train ou pire, l’avion… Ils sont bien obligés de faire confiance quasiment en permanence à ce qu’ils ne voient pas et à ce qu’ils ne savent pas. Les anti-vax admettent volontiers que la vie présente des risques, mais pour la vaccination qui, à défaut de mieux, parait quand même à ce jour, l’acte civil le plus raisonnable pour palier nos insuffisances hospitalières… NON !... et puis c’est tout… Pourquoi dans ce cas particulier font-ils un caprice ? Pourquoi cette incohérence et ne pas faire confiance aux personnes dont c’est le métier et à la Science ? Qui a intérêt à provoquer et entretenir une telle méfiance ?

Je ne vais pas spéculer inutilement sur  les fauteurs de troubles car je n’en sais trop rien. On peut comprendre que l’implication de personnalités politiques dans le monde des affaires, la  corruption de scientifiques pour favoriser telle ou telle entreprise, puissent entretenir un climat de défiance, mais de là à généraliser systématiquement en tombant dans le complotisme et en mettant tout le monde dans le même panier, il y a une marche que seuls les paranos franchissent. Bien sûr les labos et les grands groupes pharmaceutiques s’en mettent plein les poches, mais c’est compréhensible pendant une crise sanitaire, mais de là à les accuser d’être les pyromanes... Bien sûr aussi que dans cette histoire il y avait une part de risque dans le parti pris vaccinal, mais il était vraiment très mesuré… pourtant c’est cette faille étroite qu’ont élargie les nuisibles. D’autre part, de nombreuses erreurs ont été commises en tâtonnant dans l’inconnu et il est facile de les exploiter…

Quand il m'arrive de réfléchir à cette situation, je suis bien obligé de constater que l’intelligence est vraiment très mal récompensée… du coup, je n’insiste guère… j’ai compris (!)… Il est d’ailleurs impossible d’argumenter posément contre l’absurde sans se faire traiter de mouton bêlant. Je ne considère pas pour autant comme négligeables les problèmes pratiques du quotidien, les défis qu’affrontent les entreprises ou la gouvernance d’un Etat dans une situation aussi difficile.  De manière plus générale, j’aime et estime l’œil et la main, mais comparativement, l’intelligence pratique pour "faire" comme dit Pécresse, exige relativement peu d’intelligence et de Science : il suffit souvent d’un peu de débrouillardise, d’un minimum d’astuce, de saisir les opportunités et de laisser ensuite fonctionner quelques automatismes. La modestie et la modération de tous s’imposent.

Il y a bien sûr quelques rares professions qui en font usage en permanence, mais qui a besoin de géométrie non-euclidienne, d’intégrales ou de mécanique quantique dans son boulot et sa vie de tous les jours ? Quand je vois les choses sous cet angle, je réalise que la recherche fondamentale exige bien plus d’intelligence que toutes les réalisations techniques qui en découlent mais aussi qu’en retour, la reconnaissance est inversement proportionnelle… Notre système est si mal fait qu’il favorise les petits filous et marginalise les génies… En poursuivant ainsi, j'entrevois l'idée de la Science plus comme la matière de notre conscience (- dans le sens de matrice) que des savoirs formulés, des petits cailloux blancs que l’on sèmerait dans la forêt. Le but de la Science ou des mathématiques n'est pas de démontrer des choses que tout le monde voit et entend, il est d’apporter des réponses riches, et, pour en être sûr de ces réponses et pouvoir s’appuyer dessus, de les démontrer. Cela change toute la donne et à ce moment-là, on peut lui faire confiance. Ce fut le problème du Professeur Raoult qui a proposé son éclairage sans apporter de preuves indiscutables. Si j’osais, le but ultime de la Science, ce serait rien moins que l'honneur de l'esprit humain si tant est qu’il en mérite un… Un minimum de respect et de confiance n’est donc pas de trop.

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